27 octobre 2026

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Kwango : plus de 12,9 milliards de francs congolais en dépenses agricoles sous le contrôle de l’APLC, des justificatifs exigés

Une note d’observation de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), datée du 20 octobre 2026, met en lumière des paiements de 12,95 milliards de francs congolais effectués au profit du ministère provincial de l’Agriculture du Kwango au titre des exercices 2025 et 2026. L’agence exige la présentation des pièces justificatives dans un délai de 48 heures. Des vérifications sont attendues pour déterminer la régularité de ces dépenses et l’utilisation effective des fonds publics.

Des milliards de francs congolais destinés au secteur agricole du Kwango font l’objet d’un examen de l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption. Dans sa note d’observation n°004/APLC/2026, adressée à l’attention particulière de la ministre provinciale de l’Agriculture, l’APLC fait état de 12 955 022 527 francs congolais versés par le Trésor public dans différents comptes bancaires liés au ministère provincial.
Daté du 20 octobre 2026, le document indique que les enquêteurs ont procédé au rapprochement des statistiques de paiement transmises par la coordination informatique et interministérielle du ministère du Budget, notamment à travers les chaînes de dépenses, avec les pièces présentées par le Comptable public principal du Kwango.
À l’issue de cet examen, l’agence demande à la responsable provinciale de l’Agriculture de présenter à la commission les pièces justificatives requises par la réglementation. Une exigence qui place la gestion de ces ressources publiques sous le feu des vérifications.

Plus de 12,9 milliards FC pour l’agriculture : où sont les justificatifs ?

Selon la note, les montants concernés couvrent plusieurs rubriques budgétaires des exercices 2025 et 2026. Pour l’exercice 2025, le document mentionne notamment 3,57 milliards de francs congolais pour le cabinet du ministre provincial de l’Agriculture et un montant identique pour l’acquisition d’équipements agro-sylvo-pastoraux.
Il fait également état de 600 millions de francs congolais destinés aux frais de gestion, de suivi et d’évaluation de la campagne agricole 2024-2025, saison B, ainsi que de 300 millions de francs congolais présentés comme une mise à disposition de fonds en faveur de l’appui aux producteurs de cacao.
À ces montants s’ajoutent 709,43 millions de francs congolais au profit de la société AGRISCO COMPANY SARL pour l’acquisition de semences locales notamment du manioc, du maïs et des légumes dans le cadre des campagnes agricoles 2024-2025, saisons A et B.

La note mentionne également 2,71 milliards de francs congolais pour la campagne agricole 2025-2026, ainsi que 200 millions de francs congolais consacrés à la production d’engrais biologiques dans le cadre de la campagne agricole nationale 2025-2026.
Pour l’exercice 2026, deux lignes de dépenses de 642,87 millions de francs congolais chacune sont citées : l’une relative au cabinet du ministre provincial et l’autre à l’acquisition d’équipements agro-sylvo-pastoraux.
Ces chiffres soulèvent des questions essentielles sur la traçabilité des fonds, la conformité des dépenses et la réalité des biens et services financés. Toutefois, la note d’observation ne constitue pas, à elle seule, une preuve définitive de détournement de fonds publics. L’établissement d’éventuelles infractions nécessite l’examen des pièces comptables, la vérification de l’exécution des dépenses et, le cas échéant, les conclusions des autorités compétentes.

Un ultimatum de 48 heures

Dans sa note, l’APLC accorde un délai de 48 heures à compter de la réception du document pour donner suite à sa demande. Le texte précise qu’à défaut, la note d’information sera transformée en procès-verbal de constat.


Cette démarche ouvre une étape importante dans le contrôle de la gestion des ressources publiques affectées à l’agriculture dans la province du Kwango. Elle pose notamment la question de la capacité des autorités provinciales à démontrer, documents à l’appui, que les sommes engagées ont été utilisées conformément à leur destination.

Dans une province où l’agriculture représente un levier essentiel de subsistance et de développement économique, les fonds consacrés aux semences, aux équipements, aux engrais biologiques et à l’accompagnement des producteurs sont censés produire des résultats concrets sur le terrain.
L’enjeu dépasse donc la seule justification comptable : il concerne également l’effectivité des investissements agricoles et les bénéfices réellement obtenus par les producteurs.

Si des irrégularités sont établies, les responsabilités devront être déterminées sur la base des preuves et dans le respect des procédures légales. À ce stade, la question centrale demeure entière : les responsables concernés pourront-ils justifier l’ensemble des paiements recensés par l’APLC ?
La suite donnée à cette demande, ainsi que les éventuelles conclusions des vérifications, sera déterminante pour établir si les dépenses ont été régulièrement exécutées ou si des irrégularités susceptibles d’engager des responsabilités ont été commises.

Édouard Funda

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