Dans une interview accordée à Postur d’Afrique Magazine, Jonathan Wata Bialosuka, député national élu de la circonscription électorale de Tshangu (Kinshasa) et président de l’Alliance pour la Bonne Gouvernance (ABG), revient sur son parcours politique, son engagement pour le développement et son attachement profond à la province du Kwango.
Reconnu pour ses nombreuses réalisations à impact social ( écoles, marchés, ponts et autres infrastructures ), l’élu congolais défend une politique fondée sur l’action concrète, guidée par l’amour de sa province et le souci de sortir ses compatriotes de la précarité.

Ci-dessous, l’intégralité de l’interview :
Pers’Afrique Magazine: Monsieur le Député, pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ?
Jonathan Wata Bialosuka:
Merci, Monsieur le journaliste.
Je suis Jonathan Bialosuka Wata, député national élu de la circonscription électorale de Tshangu, à Kinshasa, et président de l’Alliance pour la Bonne Gouvernance, un parti politique de la République démocratique du Congo.
Je suis également député provincial élu de la ville de Kenge, dans la province du Kwango. Mon engagement politique s’inscrit dans la durée et dans une volonté constante de servir la population.
Votre action politique est marquée par des réalisations concrètes. D’où vous vient cette culture du « faire » ?
Je voudrais d’abord clarifier un point. Certains estiment qu’il y aurait une contradiction entre le fait d’être député de Kinshasa et de réaliser des actions dans sa province d’origine. Je ne partage pas cette lecture.
Je suis un homme politique depuis 2006, année où j’ai été élu sénateur de la province du Kwango. En 2011, 2018 et 2023, j’ai été élu député national à Kinshasa, dans la circonscription électorale de Tshangu, et je suis aujourd’hui en plein mandat. Cela fait donc quatre mandats nationaux, auxquels s’ajoute un cinquième mandat comme député provincial élu de la ville de Kenge.
Par ailleurs, j’ai également servi au sein du gouvernement comme ministre de la Pêche et de l’Élevage dans le gouvernement Ilunkamba.
Pourquoi, en tant qu’élu de Kinshasa, me retrouve-je à agir au Kwango ? Tout simplement parce que je travaille partout où il y a un besoin. À Kinshasa aussi, j’ai réalisé de nombreuses œuvres : écoles, ponts et autres infrastructures. Je ne me suis jamais arrêté.
Mais le Kwango, ma province d’origine, est pour moi une véritable passion. En observant la réalité de cette province, j’ai compris qu’il fallait impulser une dynamique nouvelle, montrer que les fils du Kwango peuvent eux-mêmes contribuer au développement de leur territoire. Dans d’autres provinces, les élites locales investissent d’abord, et l’État suit ensuite. Chez nous, cela se faisait très peu.

J’ai donc décidé de commencer, de donner l’exemple, afin de créer une émulation et encourager d’autres fils et filles du Kwango à s’engager. Je ne pouvais pas rester indifférent face à la pauvreté et au sous-développement qui caractérisent ma province. J’ai choisi d’agir, dans les limites de mes moyens, certes modestes, mais sincères.
Vos réalisations suscitent parfois des critiques.
Comment gérez-vous les pressions de ceux qui estiment que vos actions devraient se limiter à Kinshasa ?
Il faut rappeler qu’un député national exerce un mandat national. À ce titre, il peut intervenir sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, tant sur le plan social qu’économique.
Ensuite, je suis fils du Kwango, originaire de cette province, et également leader politique d’un parti dont les principaux bastions sont Kinshasa et le Kwango. Ceux qui s’interrogent sur ma présence au Kwango le font souvent par manque d’arguments ou par complexe.
Même un Kwangolais qui n’est pas en politique, vivant en Europe ou ailleurs, a parfaitement le droit d’investir dans sa province. On ne peut pas interdire à un Congolais de contribuer au développement de sa terre sous prétexte qu’il n’y est pas élu. Et puis, qui a dit que seuls les élus pouvaient agir ?
Comment sont financés vos projets ?
Donner est avant tout un acte du cœur. C’est une question d’amour.
Vous pouvez avoir beaucoup d’argent sans jamais savoir donner. À l’inverse, certains ont disposé de moyens importants au Kwango sans jamais réaliser ce que je fais aujourd’hui.
Ce n’est donc pas d’abord une question d’argent, mais d’amour pour sa population et pour sa province. Le peu que je possède, je le partage avec mes frères et sœurs.
Je suis député depuis plusieurs mandats et opérateur économique. J’ai fait le choix d’investir dans ma province plutôt que de multiplier les acquisitions personnelles.
Quant à la source des moyens, je dirais simplement que l’intelligence et l’organisation comptent autant que l’argent. Quand la tête fonctionne bien, on peut accomplir beaucoup, même avec des moyens limités. Je ne suis pas un chômeur.
Quelle est votre méthode de travail, de l’identification du besoin à la réalisation de l’ouvrage ?
Ma politique repose sur deux axes fondamentaux.
Le premier est la politique de proximité. Je suis moi-même sur le terrain. Je parcours la province, je parle avec la population, je vis ses réalités et j’écoute ses préoccupations. Ce ne sont pas des rapports qu’on me transmet, je constate les choses de mes propres yeux.
Le second axe est la politique du développement. Lorsque j’identifie un besoin réel et que je dispose des moyens pour y répondre, j’agis. Les infrastructures que je réalise sont des œuvres à impact visible, conçues pour améliorer concrètement la vie des populations.
Que ressentez-vous lorsque vous voyez une infrastructure que vous avez financée servir la population ?
Avant tout, je ressens une profonde tristesse face à la pauvreté qui frappe ma province. Je ne peux pas être heureux lorsque d’autres souffrent. Manger pendant que d’autres dorment affamés ne me laisse pas en paix.
Je suis issu d’une famille traditionnelle. J’ai grandi dans la cour d’un chef coutumier, où le partage était une valeur fondamentale. Mon père m’a appris qu’il ne faut jamais chercher à tout garder pour soi, mais à penser aussi à ceux qui manquent.
Lorsque vous faites de bonnes choses, vous devenez forcément une cible, surtout pour ceux qui ne font rien. Mais je suis serein, car il existe une forte complicité entre la population du Kwango et moi.
Il m’arrive même de sacrifier certains besoins de ma propre famille pour répondre à ceux de la communauté. Et chaque fois que je donne sincèrement, Dieu ouvre d’autres portes.
Vous êtes perçu comme un modèle par de nombreux jeunes. Quel message leur adressez-vous ?
Il fallait que quelqu’un commence. Un modèle crée d’autres modèles. Après moi, il y aura d’autres Jonathan Wata, et c’est ainsi que cette mission se pérennisera.
Je suis exigeant dans le travail et je déteste la paresse, car je n’aime pas les gains faciles. Le développement exige de la rigueur, de l’effort et de la discipline. Je suis fier que de nombreux jeunes considèrent mon engagement comme une source d’inspiration.
En une phrase, comment résumeriez-vous votre engagement ?
La passion pour le Kwango est mon cheval de bataille. Le développement du Kwango est le meilleur souvenir que je laisserai sur cette terre des hommes.
Quelle est votre position sur l’unité du Kwango ?
L’unité est une condition essentielle du développement. Aucun peuple ne peut se développer dans la division. Les divisions politiques au Kwango ne datent pas d’aujourd’hui, elles remontent à plusieurs décennies.
Pour ma part, je me bats pour rassembler, malgré les attaques et les accusations parfois gratuites. Mes actions couvrent l’ensemble des territoires du Kwango et visent toutes les communautés.
Je travaille pour une unité vécue dans les faits, et non seulement dans les discours. Là où je suis, toutes les communautés sont représentées. L’unité est un préalable au développement, et c’est pour cette unité que je m’engage.
Propos recueillis par :

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