Kinshasa, 21 avril 2026 – Le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Électoral (CNSA) a salué les avancées issues des pourparlers de Montreux entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, tout en exprimant de sérieuses réserves sur toute initiative de réforme constitutionnelle dans le contexte actuel de crise sécuritaire.
Réuni en session ordinaire hebdomadaire à Kinshasa, sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, le CNSA a inscrit à son ordre du jour deux points majeurs : les accords de Montreux et la question de la réforme constitutionnelle.
Le CNSA a suivi « avec un grand intérêt » les discussions tenues du 13 au 17 avril 2026 à Montreux, en Suisse, entre les autorités congolaises et les représentants de l’AFC/M23. L’institution a félicité les deux parties pour « leur grandeur d’esprit », estimant que ces échanges démontrent la capacité des Congolais à surmonter leurs divergences dans l’intérêt supérieur de la Nation.
Tout en saluant les avancées enregistrées, le CNSA a insisté sur la nécessité de compléter ces accords, conclus à l’étranger, par un dialogue national inclusif. L’objectif est d’élargir la participation à d’autres acteurs et de garantir une solution durable à la crise, notamment dans l’Est du pays, où les populations continuent de subir les conséquences du conflit.
L’institution a également appelé les parties prenantes à privilégier l’intérêt national, à dépasser les considérations individuelles et à prendre en compte les souffrances des populations affectées par les violences.
Sur la question de la réforme constitutionnelle, le CNSA a exprimé une vive inquiétude face aux initiatives en cours.
L’institution rappelle que la Constitution de la RDC interdit explicitement toute révision en période de guerre, d’état d’urgence ou lorsque les institutions ne peuvent fonctionner normalement.
Elle souligne en outre que certains principes fondamentaux demeurent intangibles, notamment la forme républicaine de l’État, le suffrage universel, le pluralisme politique et syndical, l’indépendance du pouvoir judiciaire ainsi que le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Pour le CNSA, toute tentative de modification de la Constitution dans le contexte actuel pourrait fragiliser davantage le pays, déjà confronté à des divisions territoriales et sécuritaires. L’institution met en garde contre les risques de partition de la RDC si une telle réforme venait à être engagée sans consensus national.
Le CNSA a par ailleurs interpellé le Chef de l’État, rappelant son serment constitutionnel de défendre l’intégrité territoriale, l’unité nationale et l’intérêt général. Il l’exhorte à ne pas céder aux pressions de certains acteurs politiques et à privilégier la stabilité du pays.
Dans un ton ferme, l’institution estime que les démarches de révision constitutionnelle, dans le contexte actuel, pourraient profiter aux ennemis de la République et accentuer les tensions internes.
Le CNSA réaffirme son attachement à une solution politique globale, inclusive et respectueuse des acquis démocratiques issus des luttes historiques du peuple congolais. Il plaide pour un dialogue national capable de consolider la paix et de préserver l’unité du pays.


Edouard Funda
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