25 juin 2026

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Ville morte : opposition et majorité s’affrontent sur l’interprétation de la mobilisation

La journée « ville morte » décrétée ce mercredi 03 juin 2026 par plusieurs figures de l’opposition pour protester contre le projet de révision ou de changement de la Constitution du 18 février 2006 continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise.

Alors que l’opposition revendique une mobilisation réussie à travers plusieurs quartiers de la capitale et de certaines villes du pays, les acteurs de la majorité présidentielle relativisent la portée de cette action citoyenne.

 

Parmi les premiers à réagir, l’opposant Delly Sessanga a salué ce qu’il considère comme une démonstration de force du peuple congolais face au pouvoir en place.

« À mains nues, nous l’avons plaqué au sol », a-t-il écrit, estimant que la faible affluence observée dans plusieurs secteurs constitue un signal fort envoyé aux autorités sur la question constitutionnelle.

Même tonalité du côté de Prince Epenge, l’un des animateurs de l’opposition, qui a félicité les organisateurs et les citoyens ayant adhéré au mot d’ordre.

« Félicitations à toute l’opposition congolaise et au peuple congolais pour la ville morte réussie. Bientôt carton rouge direct à Tshisekedi », a-t-il déclaré.

Pour Alain Bolodja, également membre de l’opposition, l’action menée ne visait pas à provoquer des troubles ou des affrontements, mais à traduire un refus pacifique à travers l’absence volontaire des citoyens dans les espaces publics.

« L’objectif n’était pas de perturber l’ordre public, mais que le peuple ne sorte pas le matin », a-t-il expliqué.

Face à ces déclarations, la majorité présidentielle défend une lecture différente des événements. Secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya a rejeté toute tentative d’intimidation politique et a rappelé que l’expression démocratique doit se faire dans le respect des règles républicaines.

« Personne ne peut nous intimider. Une ville morte, ce n’est pas brûler un ou deux pneus », a-t-il déclaré, minimisant l’impact politique de cette journée de mobilisation.

Cette confrontation de discours illustre les profondes divergences qui opposent actuellement majorité et opposition autour du débat sur l’avenir de la Constitution du 18 février 2006. Tandis que l’opposition présente la journée du 3 juin comme un avertissement adressé au pouvoir, la majorité continue de contester l’ampleur et la portée politique de cette mobilisation.

Dans plusieurs communes de Kinshasa, les activités ont été diversement affectées, certains quartiers enregistrant une baisse notable de fréquentation tandis que d’autres ont fonctionné dans une relative normalité. Jusqu’en fin de matinée, aucun incident majeur n’avait été signalé par les autorités.

 

Edouard Funda

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