8 juin 2026

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Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa annonce un durcissement de la politique migratoire sur fond de tensions xénophobes

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé dimanche 7 juin une série de mesures destinées à renforcer le contrôle de l’immigration et l’application de la législation du travail, dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions liées à la présence de migrants dans le pays.

Lors d’une allocution à la nation, le chef de l’État a présenté une stratégie visant à mieux encadrer les flux migratoires à travers le renforcement des contrôles aux frontières, l’intensification des expulsions des personnes en situation irrégulière, la lutte contre la corruption au sein des services migratoires ainsi que la modernisation des systèmes d’identification. Le gouvernement prévoit également une révision du cadre législatif régissant l’immigration et l’emploi.

Parmi les mesures phares figurent un renforcement des sanctions à l’encontre des employeurs recrutant des travailleurs sans titre de séjour, la création de juridictions spécialisées chargées d’accélérer le traitement des affaires liées à l’immigration, le recrutement de 10 000 inspecteurs du travail et la mise en place d’un registre biométrique national. Les autorités envisagent également le retrait progressif des anciens livrets d’identité verts encore en circulation.

Le gouvernement étudie par ailleurs l’introduction de quotas pour l’emploi de travailleurs étrangers dans certains secteurs économiques ainsi qu’un encadrement accru des petites entreprises. « Notre objectif est clair : toute personne qui entre en Afrique du Sud doit le faire légalement », a déclaré le président Ramaphosa.
Ces annonces interviennent alors que les actes de violence et les discours hostiles aux étrangers connaissent une recrudescence dans plusieurs régions du pays.

Au cours des mois d’avril et de mai, le mouvement citoyen March and March, favorable à une application plus stricte des lois migratoires, a organisé plusieurs manifestations dans des villes majeures telles que Pretoria, Johannesburg et Durban.

Les partisans de ce mouvement estiment que l’immigration irrégulière contribue à l’aggravation des difficultés économiques, à la dégradation des services publics et à l’augmentation de la criminalité. Face à cette situation, plusieurs États africains ont pris des mesures d’assistance et de protection en faveur de leurs ressortissants présents en Afrique du Sud.

Selon les autorités ghanéennes, près d’un millier de citoyens ont été rapatriés à la suite de la récente vague d’attaques xénophobes. Ces personnes bénéficieront d’un accompagnement médical, psychosocial et de dispositifs de réinsertion socio-économique. Le Nigeria et le Malawi ont également engagé des opérations similaires pour assister leurs ressortissants.

Deuxième économie du continent africain, l’Afrique du Sud demeure une destination majeure pour les migrants de la région.

Toutefois, le pays continue de faire face à une croissance économique insuffisante pour absorber un chômage structurellement élevé.
Selon les estimations de la Banque mondiale, la croissance économique devrait progresser en 2026, mais à un rythme encore insuffisant pour réduire significativement le chômage et la pauvreté. Près de 60 % de la population vivrait sous le seuil de pauvreté des classes moyennes supérieures, tandis que le taux de chômage est resté supérieur à 30 % en 2025, atteignant en moyenne 32,4 % et affectant plus de huit millions de personnes.
Reconnaissant les inquiétudes croissantes de la population concernant l’immigration irrégulière et ses conséquences perçues sur l’emploi, les services publics et la sécurité, le président Ramaphosa a toutefois appelé à une approche équilibrée.

« L’Afrique du Sud est confrontée à des niveaux de chômage élevés, en particulier chez les jeunes. Cependant, il serait erroné de considérer l’immigration clandestine comme la cause unique de nos difficultés économiques », a-t-il affirmé, tout en soulignant la nécessité de stimuler l’investissement, la croissance et la création d’emplois.

Edouard Funda

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