Au lendemain de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC) a ouvert, samedi 20 juin 2026, les portes de son futur laboratoire de Lubumbashi à une délégation conduite par le Conseiller principal du Chef de l’État en charge du Collège Mines, Énergie et Hydrocarbures, le professeur Jean-Marie Kanda Ntumba, et le Secrétaire général aux Mines, Jacques Ramazani Lutuba. Cette visite a mis en lumière un investissement stratégique appelé à transformer les capacités analytiques de la République démocratique du Congo, à renforcer le contrôle des exportations minières et à consolider la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles.
Sous la conduite du Directeur général du CEEC, Freddy Muamba Kanyinku, les autorités ont visité le chantier de cette future infrastructure scientifique avant de découvrir les équipements de pointe déjà acquis par l’établissement. Les caractéristiques techniques de ces installations leur ont été présentées par Pascal Molin, directeur des ventes et directeur technique pour l’Afrique du fabricant allemand des équipements laboratoire,ANALYTIK Jena.

Pensé comme une plateforme analytique de dernière génération, ce laboratoire permettra au CEEC d’effectuer localement des analyses jusque-là rarement disponibles sur le continent, offrant ainsi à l’État congolais une capacité accrue de contrôle, de certification et de valorisation de ses substances minérales.
Jean-Marie Kanda Ntumba : « Le CEEC disposera d’une plateforme analytique complète »
Pour le Conseiller principal du Chef de l’État, cette réalisation constitue une réponse concrète aux orientations du Président de la République, qui avait recommandé, à l’issue de sa visite du laboratoire de Musompo, le développement de nouvelles plateformes analytiques modernes à travers le pays.
«Nous avons reçu des explications très détaillées sur la qualité des équipements, le parcours des échantillons et les technologies acquises. Je peux confirmer que les plateformes analytiques de Lubumbashi et de Musompo seront complètes. Les analyses chimiques, moléculaires, minéralogiques ainsi que les analyses non destructives pourront toutes être réalisées au CEEC », a déclaré le professeur Jean-Marie Kanda Ntumba.

Selon lui, ces nouvelles capacités permettront à la République démocratique du Congo de mieux connaître les richesses de son sous-sol et de disposer d’informations scientifiques fiables sur l’ensemble des minerais produits et exportés.
« Le CEEC sera désormais capable de renseigner avec précision l’État sur les produits marchands miniers qui quittent le territoire national. Les services géologiques, les divisions des mines, les universités et les centres de recherche pourront également s’appuyer sur ces analyses pour accomplir leurs missions », a-t-il souligné.
Le Conseiller principal du Chef de l’État a également salué les démarches entreprises par le CEEC en vue de l’obtention de l’accréditation ISO 17025, une certification internationale qui renforcera la reconnaissance des analyses produites par l’établissement.
Freddy Muamba Kanyinku : « Nous concrétisons la vision du Président de la République »
Pour le Directeur général du CEEC, la construction de ce laboratoire s’inscrit dans une stratégie nationale de modernisation des infrastructures scientifiques dédiées au secteur minier.
« Lors de sa visite à Musompo, le Président de la République a recommandé au CEEC d’implanter d’autres laboratoires. Aujourd’hui, nous sommes en train de concrétiser cette vision en dotant notre pays d’infrastructures répondant aux meilleurs standards internationaux », a affirmé Freddy Muamba Kanyinku.

Le Directeur général rappelle que le CEEC, en tant qu’autorité nationale de certification des substances minérales, doit disposer d’outils technologiques capables de déterminer avec précision les caractéristiques physico-chimiques des minerais.
«Nous passons désormais à la haute technologie. Ces laboratoires permettront non seulement d’améliorer la certification des minerais, mais aussi d’accompagner les services géologiques et métallurgiques dans la constitution de bases de données fiables sur les ressources minérales du pays », a-t-il expliqué.
Au-delà de Lubumbashi, le CEEC poursuit son programme d’expansion à l’échelle nationale.
«Nous développons actuellement des laboratoires à Manono pour accompagner la filière lithium et à Mbuji-Mayi pour le secteur diamantifère. Nos ingénieurs bénéficient également de formations régulières assurées par les fabricants des équipements et des experts internationaux afin de maîtriser ces nouvelles technologies », a précisé le Directeur général.
Pascal Molin : « Une technologie inédite qui placera la RDC parmi les leaders africains »
Responsable de la présentation technique des équipements, Pascal Molin a expliqué que le futur laboratoire réunira plusieurs technologies parmi les plus avancées actuellement disponibles sur le marché.
Les installations comprendront notamment des systèmes d’absorption atomique, des spectromètres ICP-OES, des ICP-MS couplés à une technologie d’ablation laser, ainsi que des équipements de microscopie, de diffraction des rayons X, de chromatographie et de fusion.

«Le CEEC s’est équipé d’un ICP-MS associé à une technologie d’ablation laser. Cette combinaison permet d’analyser directement les échantillons solides, notamment les carottes de forage, avec un niveau de précision exceptionnel. À notre connaissance, cette technologie n’existe aujourd’hui dans aucun autre laboratoire en Afrique », a expliqué l’expert.
Selon Pascal Molin, la force du projet réside également dans la complémentarité des équipements installés.
« Toutes les technologies analytiques majeures seront réunies sur un même site. Et surtout, la République démocratique du Congo disposera de deux laboratoires identiques, à Lubumbashi et à Kolwezi. Cette configuration est pratiquement unique sur le continent et donnera au pays une avance significative en matière d’expertise analytique », a-t-il affirmé.
Un investissement au service de la gouvernance minière
Au-delà de sa dimension scientifique, cette infrastructure traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer la gouvernance du secteur extractif grâce à des outils de contrôle conformes aux standards internationaux.
En améliorant la précision des analyses, le CEEC sera en mesure de fiabiliser davantage la certification des minerais, de renforcer la traçabilité des exportations, d’enrichir les connaissances sur le potentiel géologique national et de fournir aux autorités publiques des données indispensables à une gestion plus efficace des ressources naturelles.
À travers ce laboratoire de nouvelle génération, la République démocratique du Congo franchit une étape majeure dans la modernisation de son administration minière. Plus qu’un simple investissement technologique, ce projet constitue un levier stratégique au service de la souveraineté minière, de la transparence du secteur extractif et de la valorisation durable des immenses ressources du sous-sol congolais.
Edouard Funda

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