Métaux critiques : 50 milliards $ d’investissements en Afrique d’ici 2040 (AIE)

Par
P.A/ Agence Ecofin

L’Afrique devrait capter 50 milliards $ d’investissements dans la production de minéraux critiques entre 2024 et 2040,
selon un rapport publié la semaine dernière par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ces financements viseraient en grande partie l’extraction de cuivre, et dans une moindre mesure le cobalt, pour lequel 4 milliards $ sont spécifiquement attendus.


La transition énergétique entraîne une forte demande en cuivre, nickel, lithium ou encore cobalt, indispensables à la fabrication des batteries, des véhicules électriques, ainsi qu’aux infrastructures solaires et éoliennes. Dans son rapport « Global Critical Minerals Outlook 2025 », l’AIE estime la valeur de l’exploitation minière de ces métaux en Afrique à 50 milliards $ en 2024, contre 16 milliards $ pour le raffinage. D’ici 2040, cette valeur globale pourrait croître de près de 83 milliards $.

Deux trajectoires sont étudiées dans le rapport pour évaluer les besoins de la transition. Le premier scénario est fondé sur les politiques climatiques actuellement en vigueur dans les pays (STEPS) et le second tient compte des engagements climatiques annoncés mais non encore appliqués (APS). Dans les deux cas, l’Afrique, qui détient environ 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques, est appelée à jouer un rôle central dans l’approvisionnement mondial.

Soulignons cependant que les investissements prévus en Afrique au cours des 15 prochaines années restent modestes, compte tenu du potentiel du continent pour les minéraux critiques. C’est en Amérique centrale et du Sud, en Amérique du Nord, ainsi qu’en Indonésie, que se concentrent les investissements attendus pour la production de minéraux critiques. Chacune de ces trois zones devrait attirer environ 100 milliards $ d’ici 2040, principalement dans le cuivre, le nickel et le lithium.

Face à cet écart, plusieurs pays africains intensifient leurs efforts afin d’améliorer la précision de leurs réserves géologiques et d’attirer davantage d’investisseurs, tout en diversifiant leurs partenariats. Dominée notamment par la Chine, l’extraction de minéraux critiques sur le continent voit émerger de nouveaux acteurs comme le Japon, la Corée du Sud, l’Union européenne et les Etats-Unis. Les Etats insistent aussi de plus en plus pour assurer la transformation des minéraux sur place, afin de générer davantage de valeur. Encore faut-il transformer les discours et les protocoles d’accord en investissements concrets.

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