Armistice de Rethondes, 117 ans : En RDC, c’est encore la reprise des hostilités entre les deux forces congolaises et ”rwandaises’

Saint-Germain Ebengo

Ça fera à ce jour 107 ans, jour pour jour, depuis qu’il fut signé en 1918, la fin de la première guerre mondiale, précisément le 11 novembre 1918, aux alentours de 5 heures du matin, dans un wagon-restaurant, qui faisait partie intégrante du train d’État-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, une commune ferroviaire française située en région Hauts-de-France, département de l’Oise, plus précisément dans l’arrondissement de Compiègne.

Ces 117 ans que totalise ce jour cette signature historique, universellement connue sous le nom d’Armistice de Rethondes, trouvent la République Démocratique du Congo dans un rapport de conflit avec son voisin le Rwanda, rapport qui situe sous un climat sécuritaire très volatile toute sa partie Est, laquelle continue à être jusqu’ici le théâtre d’échange de coups de balles entre les deux États belligérants.

L’accord économique qui a été paraphé entre les deux parties, vendredi 7 novembre, comme faisant partie de celui de paix signé en juin dernier à Washington, s’est vite vu se faire remplacer, deux jours après, soit dimanche 9 novembre, par la reprise des hostilités dans leur plus forte expression.

L’armée congolaise a accusé, samedi 8 novembre, la coalition rebelle de l’AFC/M23, qu’elle pointe en plus du doigt comme étant le bénéficiaire du soutien du Rwanda, d’avoir intensifié ses attaques dans l’Est du pays et, cela, en violation flagrante des engagements qu’elles ont pris récemment dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha signés il y a de cela quelques jours.

Foi sur les dernières informations nous parvenues, la tant déplorée coalition continue à semer de la désolation sur le sol congolais, en jetant dans un désintéressement absolu les appels de la communauté internationale à la cessation des hostilités.

Au Sud-Kivu, par exemple, les échanges de coups de balles sont en train de se dérouler, entre autres, à Bulambula et Kibanda Mangobo sur l’axe Walungu-Shabunda, au pont de la rivière Mudugwe sur l’axe Walungu–Mwenga, à Tuwetuwe, sans oublier l’axe Fizi-Minembwe.

Presque mêmes bruits de bottes au Nord-Kivu où les affrontements se poursuivent autour de Kasopo et Kajinga, dans le groupement Nyamaboko, secteur d’Osso-Banyungu, territoire de Masisi, ainsi que sur le mont Irimwi, près de Bunyatenge, dans le territoire de Lubero.

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, appuyées par les Wazalendo et l’armée burundaise, appellent les médiateurs américains et qataris à s’ériger en temoins ”oculaires” du non-respect par le Rwanda des accords signés, ainsi que de lourdes conséquences humanitaires qui s’en suivent.

C’est sans oublier, bien sûr, le débordement du nombre de blessés, combattants et populations civiles confondus, face à une capacité d’accueil ”hospitalière” qui ne permet pas au personnel soignant, du moins à l’heure actuelle, de prendre soin de tout le monde comme il faut.

Qu’il suffise donc aux tenants de la coalition M23/Alliance du Fleuve Congo d’observer ne fût-ce qu’une minute de silence, en guise de respect vis-à-vis de l’Armistice de Rethondes, qui totalise ”ce jour” 117 ans, pour qu’ils se rendent compte de la paix qu’ils ont à gagner, une fois qu’ils ont accepté de forger leurs haches de guerre en une table de négociation…

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