Assemblée Provinciale du Kongo Central : Papy Mantezolo suspendu de son mandat de député provincial

Après sa déchéance, il y a de cela quelques mois, de ses fonctions de président de l’Assemblée Provinciale du Kongo Central, l’ex-président du parlement du Kongo Central, Papy Mantezolo, vient, cette fois-ci, d’être suspendu de son mandat de député provincial au sein de la dite assemblée, pour une durée de 12 mois.
La ”cérémonie” de sa suspension a eu lieu mardi 23 décembre dernier lors d’une session tenue à cet effet sous les coups de marteau législatif de son successeur, honorable Victor Nsuami Mpaka.
L’ex-président de l’Assemblée Provinciale du Kongo Central a choisi de garder jusqu’ici sa bouche close quant à la question de savoir : “où sont parties les colossales sommes d’argent mises à sa disposition ?”.
Parmi ces dernières ne cesse de revenir à l’esprit de ses collègues députés celle équivalant à 200 millions
de Francs Congolais de la Conférence des Présidents des Assemblées Provinciales de la République Démocratique du Congo, COPAP en sigle, que le Gouvernement provincial du Kongo Central avait mis, dans le cadre de l’appui budgétaire, à la disposition de l’Assemblée provinciale du Kongo Central.

La destination de ces fonds demeure jusqu’ici inconnue et sans aucune trace comptable de leur utilisation, surtout qu’il a choisi de demeurer inébranlable par rapport à sa décision de ne rien dire à ce sujet.
Sa gestion qui aurait dû être assurée par le comptable public, légalement parlant, il en a fait plutôt l’objet d’un déviationnisme pur et simple, en la confiant entre les mains de son directeur de cabinet, un certain Ronald Bikindu.
Ce vilain jeu sur les finances publiques de la province du Kongo Central a eu lieu, faut-il le rappeler, au moment où la situation sociale des familles des députés provinciaux et celle du personnel de l’Assemblée provinciale du Kongo Central s’avéraient intenables, dans la mesure où ils se retrouvaient privés de moyens nécessaires pour faire face à leurs besoins de première nécessité.
Pendant ce temps, les Présidents des Assemblées provinciales d’autres provinces de la République Démocratique du Congo, qui avaient pris part à l’organisation de la dite COPAP au Kongo central, se posent tas de questions et exigent des explications claires sur l’utilisation réelle de cet argent public.
À ajouter à cette irrégularité autour de laquelle des murmures ont intensément repris surface, la somme de 900 000 USD, qui fait jusqu’ici l’objet d’un écart non justifié dans le dossier de l’achat des véhicules des Députés provinciaux. En plus de ça il s’avère salvateur de citer la série des surfacturations lors de l’achat de certains équipements, dont une machine photocopieuse CANON 33261i, acquise à 6 500 USD à Inga, dans le territoire de Seke-Banza, ainsi que les 500 000 Francs Congolais que soustrayait mensuellement, pendant six mois, à chaque paie des députés, sur la tête de chacun d’eux, ce fameux directeur de cabinet, Ronald Bikindu, sous pretexte que ça partait à Kinshasa pour des raisons qu’il n’a pas pu élucider jusqu’ici.
C’est sans oublier les 8 millions 625 milles de Francs Congolais relatifs à la commande des papiers à en-tête du cabinet du Président déchu.
À mettre dans ce lot des mauvais gestionnaires, l’Intendant Général Pascal Mantezolo ainsi que le Sous-gestionnaire des crédits Jean-Pierre Kaynkanzi.
Si monsieur l’I.G. Pascal Mantezolo est pointé du doigt au regard de son manque d’éclaircissements sur plusieurs cas de surfacturation, avec un écart de 73 millions de Francs Congolais resté jusqu’ici sans justification, le Sous-gestionnaire des crédits, Jean-Pierre Kaynkanzi, est, en ce qui le concerne, accusé pour à la fois sa légèreté et sa complicité dans cette affaire durant laquelle il a facilité ces pratiques anti-patriotiques.

Papy Mantezolo était demeuré jusque-là bouche close face aux inquiétudes de ses collègues députés rassemblés, au regard de cette affaire, autour d’une commission instituée depuis le 20 octobre dernier pour une durée de 22 jours de travail.
Leurs nombreuses relances à l’endroit de ces deux malfrats étaient jusque-là demeurées lettres mortes.
Ce geste fort, faut-il le souligner, s’inscrit dans la vision du président Victoir Nsuami Mpaka qui consiste à restaurer l’autorité de l’organe délibérant du Kongo Central et garantir en même temps une gestion responsable au service des citoyens.

Par cette décision forte, Victor Suami Mpaka veut marquer son mandat par l’instauration d’une rigueur hors pair, mais aussi tourner pendant ce temps la page aux dysfonctionnements qui n’ont que trop prévalu au sein du parlement ”kongo-centralais’‘.
L’homme aux vestes bleues veut s’inscrire résolument dans une exemplarité legislative jamais vecue.
Voilà ce qui justifie les engagements de son bureau de faire respecter au sein du parlement du Kongo central les principes à la fois de bonne gouvernance, d’ordre et de transparence