Afrique du Sud : l’état de catastrophe naturelle décrété après de violentes inondations

Edouard Funda
Confrontée à des pluies torrentielles et à des phénomènes météorologiques extrêmes depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud a officiellement déclaré l’état de catastrophe naturelle, alors que le bilan humain et matériel continue de s’alourdir dans plusieurs provinces.
Le dimanche 18 janvier, cette décision a été annoncée par le ministère de la Gouvernance coopérative et des Affaires traditionnelles (CoGTA). Elle a été initiée par Elias Sithole, directeur du Centre national de gestion des catastrophes (NDMC), après « une évaluation approfondie des conditions météorologiques défavorables observées depuis la fin du mois de novembre 2025 ».
Dans le pays le plus industrialisé du continent, de fortes précipitations, accompagnées de vents violents, d’orages et d’inondations, ont frappé les provinces du Limpopo, du Mpumalanga, du KwaZulu-Natal, du Cap-Oriental et du Nord-Ouest. Ces conditions extrêmes ont entraîné des pertes en vies humaines, d’importants dégâts aux infrastructures et aux biens, une dégradation de l’environnement, le déplacement de communautés, des perturbations dans la scolarité et les activités agricoles, ainsi que la fermeture de certaines zones du parc national Kruger. Le Mpumalanga a enregistré 20 décès, avec plus de 1 300 habitations, routes et infrastructures publiques endommagées. Dans le Limpopo, le bilan humain s’élève à 18 morts.
À la suite de cette classification, et conformément à l’article 26, en lien avec l’article 23 de la loi sur la gestion des catastrophes, l’Exécutif national assume la responsabilité principale de la coordination et de la gestion de la catastrophe. Tous les organes de l’État, aux trois niveaux de gouvernement, sont tenus de renforcer leur appui aux structures de gestion des catastrophes, de mettre en œuvre des mesures de contingence, de soumettre des rapports d’avancement au NDMC et de garantir une approche coordonnée et multisectorielle en matière de prévention, d’atténuation, de secours et de réhabilitation, précise le communiqué.
La situation sud-africaine s’inscrit dans une problématique régionale plus large. Depuis plusieurs semaines, le Mozambique et le Zimbabwe font également face à des précipitations exceptionnellement intenses. Au Mozambique, l’Institut pour la gestion des catastrophes et la réduction des risques indique que 103 personnes ont perdu la vie depuis la fin de l’année dernière. Au Zimbabwe, l’Agence nationale de gestion des catastrophes rapporte 70 décès depuis le début de l’année, ainsi que la destruction de plus de 1 000 habitations.
Ces épisodes illustrent la forte vulnérabilité de l’Afrique australe aux aléas climatiques, notamment aux effets du phénomène El Niño – Oscillation australe (ENSO) et à sa phase froide, La Niña. Le retour d’El Niño en juillet 2023 avait déjà affecté plus de 20 millions de personnes au Zimbabwe, en Zambie et au Malawi. Selon un rapport de la FAO publié en novembre 2025, la région a enregistré une perte de 7,6 % de son PIB agricole entre 1991 et 2023 en raison des catastrophes naturelles et des chocs climatiques, renforçant les inquiétudes sur la résilience des économies et des populations face au réchauffement climatique.