CWB/Littérature : John Ekina propose l’idée de la mise en place d’une autorité de régulation des Joint-ventures dans le domaine minier en RDC

John Ekina Bongongo, docteur en management économique et enseignant à l’ISP/Gombe, suggère aux autorités congolaises l’idée de l’institution d’une autorité de régulation des co-entreprises dans le secteur minier congolais, en vue de la surveillance et du contrôle des opérations et fonctionnement convenables de la gestion des minerais stratégiques en République Démocratique du Congo.
Pour le mieux en parler, il a préféré le faire avec de l’encre et du papier, à travers un ouvrage de plus de 400 pages intitulé ”Théorie approfondie de la co-construction, essor du secteur minier”.
Il est question dans cet ouvrage paru aux éditions Presses Universitaires Européennes, en Allemagne,
de la portée économico-financière du code minier congolais, qu’il dit être le reflet de la joint-venture en République Démocratique du Congo, situation qu’il souhaite voir reformée sur base d’une très forte industrialisation du secteur.

À l’en croire durant son mot d’auteur qu’il a prononcé mardi 27 janvier dernier, dans l’auditorium du Centre Wallonie Bruxelles, lors du vernissage de l’ouvrage, la mise en place d’un modèle type de contrat de joint-venture dans le domaine minier en République Démocratique du Congo permettra au pays d’avoir un outil juridique de référence devant scrupuleusement être respecté par toutes les parties prenantes.
”Vous voyez déjà qu’ici dans notre pays il y a plusieurs autorités de régulation : Autorité de Régulation des Marchés Publics, Autorité de Régulation des Assurances, Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé.etc. Mais pour le joint-venture qui brasse des milliards de dollars, il n’y a pas jusqu’ici une seule structure qui puisse
”autoréguler” le secteur en question.
Le contenu du dit ouvrage dans lequel il en parle en long et en large regorge trois parties essentielles : dans la première il présente sa revue de la littérature à la fois sur la dite joint-venture, le secteur et le code minier congolais ainsi que sur
ce qu’il appelle la co-construction ; dans la seconde partie il fait à la fois l’état de lieu et le décryptage du volet financier et économique de l’ancien et du nouveau code minier de 2018 ; dans la dernière, enfin, il s’appesantit sur le reflet des retombées des codes miniers sur la joint-venture, qu’il apprécie et critique sous le prisme de la co-construction ci-haut évoquée.

Foi sur ses propos, la mise en écriture de cet ouvrage est partie du constat qu’il a réussi à faire autour, entre autres, de la très mauvaise gouvernance qui prévaut dans le secteur, la repartition inégale des parts, la duplicité de fraude de la part des partenaires étrangers ainsi que le manque de transparence qui a élu domicile dans le partenariat signé entre l’État congolais et les opérateurs économiques étrangers qui évoluent dans les sociétés minières.
”Elles exploitent les matières minières et, cela, de manière brute, selon que tout est basé sur l’exploitation extractive, sans que ces partenaires songent à leur responsabilité socio-environnementale et le tout, c’est en défaveur de la partie congolaise”,a-t-il déploré.
À l’entendre de très près, cela a bouleversé sensiblement le taux d’imposition et celui de rétribution en faveur de ces partenaires étrangers jusqu’au-delà de normes internationales.
”Ce taux d’imposition et de rétribution est passé de 12%, voir code minier de 2002, à 23%, code minier révisé de 2018”, a-t-il quntifié sa plainte, comme sous le même ordre des choses que celles des partenaires locaux engagés dans ces marchés.
Ces derniers, faut-il le relever, se plaignent de n’avoir pas tiré jusqu’ici leur épingle du jeu, pendant que, de l’autre côté, les sociétés minières fustigent la montée vertigineuse du dit taux d’imposition et de celui de rétribution qu’ils accusent d’avoir créé des contre-performances énormes par rapport à l’application du code minier de 2018.
Voilà donc ce qui justifie sa proposition que l’État congolais puisse recourir au principe de la co-construction du secteur minier, lequel tient compte, entre autres, de la participation avérée de tous les acteurs majeurs impliqués dans le partenariat ou joint-venture, dont la FEC, entendez : Fédération des Entreprises du Congo.
Une position qui a d’ailleurs bénéficié d’un dodélinement de la tête affirmatif de la part de madame SYLVIE ELENGE, Directeur Général de la RTNC, qui était là parmi les invités d’honneur.
”D’où, il faut désormais passer de la simple extraction minière à l’industrialisation du secteur minier, c’est-à-dire la transformation des minerais pour les besoins de la cause congolaise”, parole de l’auteur.
Pour lui, les partenariats actuels risquent de s’effondrer si l’on n’y prend garde.
”Cela risque de constituer une pomme de discorde entre les partenaires dans un climat économique déjà délétère”, a-t-il soufflé.
Selon le Professeur Simon Maphana, préfacier de l’ouvrage à qui il avait été donné la responsabilité de porter l’ouvrage aux fonts baptismaux, ce livre dont il a été en plus le co-promoteur, est l’émanation d’une thèse de doctorat de l’auteur qu’il avait soutenue avec brio à l’université Marien Ngouabi à Brazzaville, en 2014, sous l’égide de l’université de Bangui, dans le cadre de la chaire UNESCO.
”Cet ouvrage de plus de 400 pages autour de la problématique minière en RDC vaut tout son pesant d’or”, a-t-il avoué avant de poursuivre :
”La République Démocratique du Congo vient d’avoir un ouvrage qui pourra réglementer et mettre en lumière les activités de son secteur minier. Cet ouvrage contient ce que l’on appelle les normes et les bases de théories académiques approfondies qui pourront aider la RDC dans son développement voulu harmonieux”.
Vu sous cet angle, il faut souligner avec l’auteur que la co-construction constitue l’épicentre de la requalification de l’ordonnancement harmonieux du fonctionnement d’une structure ou d’un secteur quelconque.
”Il est le facteur le plus déterminant dans l’approche participative et interactive dans le domaine de gestion économique qui, en principe, est le socle de l’éclosion de toute organisation, notamment le partenariat stratégique”, a-t-il éclairci.
Ce qui signifie noir sur blanc qu’il faut à l’heure actuelle un cadre juridique qui devra militer en faveur de la promulgation d’une loi devant porter disposition générale applicable au joint-venture en République Démocratique du Congo.
”Donc, un cadre légal par excellence”, a-t-il confirmé.
Pour une brève définition du concept, il faut dire que la co-construction est un nouveau paradigme qui vise à rétablir un partenariat véritablement gagnant gagnant, c’est-à-dire celui qui repose sur plusieurs axes, entre autres, la réforme et la réadaptation du code minier 2018.
C’est selon que, faut-il le reconnaître, ce code minier de la RDC a été longtemps basé sur l’exploitation des matières brutes et, vu sa localisation au cœur des enjeux économiques mondiaux, il y a donc lieu d’essayer à partir d’ici de concilier la compétitivité avec la protection des intérêts nationaux via une industrialisation en profondeur du secteur, laquelle devra reposer fondamentalement sur la transformation à grande échelle des minerais stratégiques.
Donc la co-construction, explication du professeur, repose aussi sur la possibilité de créer un climat de confiance mutuel entre les acteurs avec, bien sûr, une meilleure transparence dans la gestion afin de garantir une meilleure marche des affaires devant permettre aux entreprises congolaises de s’intégrer pleinement dans la chaîne des valeurs mondiales bénéficiaires du transfert des technologies et autres compétences pour les industries de transformation des minerais stratégiques.
C’est dans cet ordre d’idée qu’il faut parler de la co-construction comme faisant partie intégrante de la gestion rationnelle qui s’apparente au domaine de management organisationnel. Ce qui requiert à la fois une implication et une conjugaison des apports de la part de tous, susceptibles de booster le secteur minier.
YVES MPUNGA, EXPERT EN NUMÉRIQUE, A LUI ASSI EU VOIX AU CHAPITRE
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”Cette théorie de la co-construction veut que nous construisions ensemble, c’est-à-dire nous qui avons nos ressources minières et eux avec leurs ressources capitalistiques.
Donc, avec l’aide du transfert des technologies et celle des chercheurs en la matière, il y a lieu que nous co-construisions avec eux, en mettant en commun nos idées, mais aussi avec une volonté étatique ferme voulue dans une vision futuriste afin que nous puissions laisser à notre postérité un pays plus beau qu’avant”.
En termes clairs, faut-il le paraphraser, il est question d’une situation où nous avons d’un côté les investisseurs, ces grandes puissances mondiales qui ont l’argent, et de l’autre, la République Démocratique du Congo avec ses minerais. Donc, ces deux apports, mis ensemble, vont d’office aider le secteur minier congolais à participer valablement à la reconstruction de la République Démocratique du Congo.


