
La Rédaction
Dans une interview accordée à la presse lors de la 3ème journée du forum minier Mining Indaba 2026, soit le 11 février dernièr , à Cape Town en Afrique du Sud, le Directeur Général du Cadastre Minier de la RDC, Popol Mabolia Yenga, a abordé les questions concernant les enjeux liés à la formalisation de l’exploitation minière artisanale, aux conditions de travail des creuseurs ainsi qu’au rôle stratégique de son institution dans la structuration du secteur minier.À l’issue d’une session consacrée à la question : « Comment la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle peut-elle débloquer une valeur ajoutée ? », le numéro 1 du Cadastre Minier a livré une analyse approfondie des défis et des perspectives liés à ce secteur stratégique pour la République démocratique du Congo.
D’emblée, il a tenu à déconstruite certaines perceptions telles que: l’exploitation artisanale ne relève pas d’un simple phénomène conjoncturel, mais constitue une réalité sociale majeure. Entre deux et trois millions de congolais, principalement des jeunes, vivent directement de cette activité faute d’opportunités d’emploi formel.
« Ce sont des personnes qui travaillent. Ce n’est pas toujours légal, certes, mais il faut comprendre la situation dans laquelle elles se trouvent », a-t-il souligné, invitant à dépasser la logique purement répressive au profit d’une approche inclusive et structurante.
Poursuivant son speech, Il a fait savoir que, pendant longtemps, la formalisation s’est concentrée sur la traçabilité des minerais, notamment depuis les puits d’extraction jusqu’à la commercialisation. Si cet aspect demeure essentiel, il ne saurait suffire. Selon le responsable du CAMI, la véritable formalisation doit également prendre en compte les conditions de travail des creuseurs. Et Des avancées significatives sont en cours, notamment à travers un programme initié par le Ministère des Mines en partenariat avec des compagnies d’assurances.
Au sujet de l’assurance-vie et invalidité des creuseurs, Popol Mabolia
precise que plus de 40 000 à 50 000 des creuseurs auraient déjà bénéficié d’une assurance-vie et invalidité. En cas d’accident, les indemnisations peuvent atteindre entre 2 000 et 3 000 dollars, marquant une étape concrète vers une protection sociale jusque-là inexistante dans le secteur. Cette dynamique pourrait être renforcée par la mise en œuvre progressive de la couverture santé universelle annoncée par le Président de la République, qui bénéficierait également aux travailleurs artisanaux.
Autres innovation évoquée : l’obligation faite aux sociétés minières d’allouer 5 % de participation aux travailleurs.
Cette disposition ouvre la voie à la constitution de fonds de pension, permettant aux creuseurs de cotiser et d’envisager une sécurité financière à long terme.
« Il faut leur donner une forme d’identification et de reconnaissance. Ils participent au développement du pays », a insisté l’intervenant, plaidant pour une intégration progressive des exploitants artisanaux dans le tissu économique formel.
Interrogé sur le rôle spécifique du Cadastre Minier dans ce processus, le DG Mabolia, a rappelé que son institution agit dans le strict cadre de la Loi Minière. Le Code Minier prévoit en effet que des coopératives bien structurées peuvent évoluer d’une Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) vers un Permis d’Exploitation de Petite Mine (PEPM).
«la Loi le permet. Il faut seulement s’organiser. L’union fait la force », a-t-il affirmé, tout en soulignant que l’individualisme demeure un frein majeur à cette transition vers des structures plus solides et durables.
Il a toutefois tenu à préciser que le CAMI n’a pas vocation à assurer l’encadrement direct des creuseurs, cette mission relevant d’autres services spécialisés.
« Je suis le Cadastre Minier de l’État. Je ne peux pas répondre aux questions qui ne relèvent pas de mon domaine », a-t-il recadré, renvoyant la transmission des messages politiques au ministère des Mines.
Il faut retenir que, la formalisation de l’exploitation minière artisanale en RDC semble entrer dans une nouvelle phase : moins centrée exclusivement sur la traçabilité, davantage orientée vers la protection sociale, la structuration collective et l’intégration progressive dans le système économique formel. Un chantier ambitieux, à la croisée des impératifs économiques, sociaux et réglementaires, qui pourrait transformer durablement le visage du secteur artisanal congolais.

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