14 avril 2026

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Saison Culturelle 2026 : la bibliothèque Wallonie Bruxelles rouvre ses portes sous un décor écologique

Par Saint-Germain Ebengo

La soirée du vendredi 13 février a été riche en effervescence au centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa. Il s’est agi donc de la réouverture de la salle de lecture de sa bibliothèque, située sur l’avenue de La Nation, à Gombe Centre-ville, provisoirement longtemps fermée pour des raisons liées à sa remise à neuf.

Cet avenement haut en couleurs livresques a été couplé avec la cérémonie d’un vernissage exposition photos  »signé » Alain Huart.

Cette exposition, dénommée  »Peuple et forêts », a été bénéficiaire d’une foule d’amateurs d’œuvres d’art pas facile à quantifier, vu le caractère archicomble du lieu d’exposition, de son rez-de-chaussée jusqu’à son 2è étage, tous couloirs confondus.

L’exposition a été agrémentée, faut-il le souligner, par une série de performances et un grand concert offert par les artistes du collectif Village Zebola.

Dans cette exposition haute en couleurs éco-systémiques, Alain Huart nous invite dans un voyage de découverte du fleuve Congo, depuis sa source, à la hauteur du Lualaba, jusqu’à son estuaire dans le Kongo central.

Par l’entremise de ses photos exposées, vous avez la possibilité de visiter les mangroves du bord de l’océan Atlantique, dans la cité côtière de Muanda, ainsi que la forêt équatoriale, la forêt sèche, les tourbières et d’autres aires protégées et leur biodiversité.

À en croire les explications du curateur en charge de ces œuvres d’art, que nous avons pu lire sur le mur du rez-de-chaussée du lieu d’exposition, Alain Huart nous fait découvrir l’arbre, ses feuillages et ses canopées, associant,comme dans un mélange homogène, l’eau des cours d’eau, l’eau du sol et l’eau de l’air, mais aussi en nous faisant visiter les peuplades  »rivero-forestières » du majestueux fleuve Congo, de sa source, comme ci-haut présentée, jusqu’à son embouchure.

 »Nulle vie n’est possible sans eau, et l’arbre traduit la vie. Son fantastique système racinaire lui offre un accès aux trésors invisibles, ses ramures des millions de surfaces chlorophylliennes l’imposent dans l’équilibre sanitaire de l’atmosphère. Il explore et capture le gaz émis par nos activités et nous offre en retour l’oxygène », parole du curateur.

Foi sur ses propos, la grande tourbière congolaise est l’indicateur de l’état de santé de la forêt du bassin du Congo et de ses immenses services écosystémiques. Elle détermine plus de 80% des précipitations de l’Afrique subsaharienne.

 »Ces pluies sont stratégiques pour l’agriculture en Afrique dans le contexte de la dynamique démographique qui accroît les besoins de production agricole chaque année », explique-t-il.

 »Si cette pluie disparaît, il y a forcément baisse de pluviométrie et, par conséquent, baisse du taux de fertilité des sols », plainte d’Alain Huart relayée par son curateur.Appuyez sur un élément pour le coller dans le champ de texte.

Alain Huart déplore pendant ce temps la combinaison du dérèglement climatique consécutif à ce qui précède et l’explosion démographique urbaine qui prévaut à l’heure actuelle dans nos villes de la RDC et précisément à Kinshasa où l’on assiste à un chômage juvenile jamais vécu.

Au sujet de la jeunesse rurale, il déplore leur réflexe de survie orienté vers l’agriculture itinérante sur brûlis dont il révoque en question l’impact sur  »la biologie » forestière.

Voilà donc ce qui justifie son vœu de voir les jeunes Congolais faire l’objet d’une formation professionnelle et d’accès aux pratiques concrètes de terrain.

À ajouter foi à ses propos, c’est aussi par ignorance que la forêt est menacée d’une façon quotidiennement grignotée par l’agriculture sur brûlis que pratique à mauvais escient la population rurale.

La bibliothèque de la délégation Wallonie Bruxelles à Kinshasa, dont la réouverture a bel et bien lieu ce lundi 16 février, à partir de 10 heures, ne manque pas dans sa bibliodiversité de livres en rapport avec l’écologie.

C’est l’occasion donc pour tout celui que la chose intéresse d’aller s’y procurer sa carte de lecteur contre payement d’un montant qui ne dépasse pas les yeux de la tête.

À en croire Richard Ali, le directeur de la dite bibliothèque, il y a encore chez eux des tables de lecture en réservation pour tous.

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