29 avril 2026

Posture d'Afrique

Toute l'actualité du continent africain qui vous concerne

Terres rares : 69 millions de dollars pour lancer la prochaine mine africaine au Malawi

Par
Edouard Funda

Depuis l’arrêt de la mine de Gakara au Burundi en 2021, l’Afrique ne dispose plus d’aucun site industriel actif dans l’exploitation des terres rares. Mais cette situation pourrait bientôt évoluer. Le Malawi se positionne en effet comme un futur acteur de ce marché stratégique, porté par le projet Kangankunde.

La société australienne Lindian Resources a annoncé, mercredi 1er avril, une levée de fonds d’environ 100 millions de dollars australiens, soit près de 69,3 millions USD. L’objectif est de mobiliser les ressources nécessaires à la mise en production de la mine de Kangankunde, considérée comme l’un des projets les plus avancés du continent, avec un démarrage attendu au quatrième trimestre 2026.
Ces métaux, essentiels aux technologies d’électrification et à la fabrication d’aimants, suscitent un intérêt croissant à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, Kangankunde apparaît comme une opportunité majeure pour relancer la production africaine de terres rares.
Les fonds levés serviront principalement à achever les travaux de construction en cours, sans recours à l’endettement. Une partie sera également dédiée à la finalisation de l’étude de faisabilité de la phase d’expansion, qui ambitionne de porter la production annuelle de 20 000 tonnes à près de 100 000 tonnes de concentré.
Pour Robert Martin, président exécutif de l’entreprise, cette opération bénéficie d’un fort soutien d’investisseurs institutionnels, traduisant l’importance stratégique croissante du projet sur la scène internationale.

Au-delà de la production, Kangankunde suscite déjà l’intérêt de grandes puissances en quête d’alternatives à la domination chinoise dans les terres rares. Les États-Unis, à l’instar du Japon et de l’Union européenne, suivent de près ce projet. Des discussions ont été engagées fin 2025 avec des représentants de la Maison-Blanche, bien qu’aucun accord concret n’ait encore été conclu.
En parallèle, Lindian développe une unité de transformation au Kazakhstan afin d’assurer la valorisation des concentrés dès le lancement de la mine. Une partie des fonds levés contribuera également à ce projet, dont la finalisation est attendue autour du 10 avril.
Pour le Malawi, Kangankunde pourrait représenter un tournant majeur. Alors que le secteur minier contribue à moins de 1 % du PIB national, ce projet pourrait stimuler les recettes fiscales, créer des emplois et renforcer la place du pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Si aucune participation de l’État malawite n’a encore été annoncée dans le capital du projet, la législation en vigueur lui permet d’acquérir gratuitement une part dans tout projet minier d’envergure. Un levier potentiel pour maximiser les retombées économiques de cette future exploitation.

About Author