La rumbathèque Corky Congo Rumba, autrement dit : Archives Nationales de la Rumba, du Professeur Benoît Musingandambu Kylaba N’gala, et la Commission Nationale Chargée de la Revalorisation de la Rumba Congolaise ont procédé, samedi 2 mai, dans la salle des assises du Musée Nationale Congolaise, sur le boulevard Triomphal à Kinshasa, à l’ouverture de l’École de la Rumba, dénommée Bana Léo.
À cette occasion, le professeur Benoît Kylaba, promoteur de la dite école, a tenu à dispenser à tous les »ayant pris part » à ce rendez-vous riche en couleurs locales son cours inaugural sur la rumba.
Durant cette toute première dispensation, l’homme a réussi à porter à la connaissance de l’auditoire l’arrivée au point de ses recherches sur la rumba qu’il est parvenu à la fois à systématiser, à codifier et à classifier.
De son travail de classification il est ressorti sept façons de danser la rumba, qu’il a réussi à expliquer noir sur blanc, chacune suivie de l’auditionnement à l’intention du public d’un modèle de chant y approprié avec exhibition en appui, de la part de ses maîtres danseurs, 8 au total, à raison d’un homme et d’une femme par couple.
À en croire les résultats de sa recherche, la rumba en général se subdivise en trois parties : le couplet, le refrain et le sebene, les deux premières se dansant en couple pendant que durant la partie sebene les deux cavaliers doivent chacun danser en solo.
Foi sur son explication du concept, »sebene » est un mot spanisé de l’anglais seven, selon que »v » se lit »b » en espagnol, en référence justement de sept pas contenus dans la première façon ci-dessous de danser la rumba.
Cette première façon de danser la rumba, il l’a dénommée rumba à sept pas ou, en d’autres termes, rumba love.
»Durant l’exhibition de cette rumba à sept pas, on ne fait pas vraiment le jeu de couplet, refrain, sebene, comme ci-haut indiqué. Les sept pas de cette rumba se confondent avec le bolero et le calypso », a-t-il souligné.
Durant la dite exhibition, l’explication du professeur Benoit faisant foi, l’homme entraîne la femme avec un premier pas long, d’ordinaire le pied droit, pendant que le pied gauche fait deux pas courts, à savoir deux et trois, puis le pied droit reprend un long quatrième pas; le pied gauche pendant ce temps prend le cinq, le pied droit le six et le pied gauche revient à la charge pour clôturer avec le sept.
Le cas de la chanson »Temps » de Fally Ipupa a été très illustratif, avec sur la piste, les 4 couples danseurs ci-haut évoqués.
»’Ce premier modèle de la rumba se danse aussi bien avec par exemple »Insecticide » de Ferre Gola, »Poupiye » de Koffi Olomide et »Ma prière » de la soeur Eunice Manyanga », a-t-il recommandé.
La rumba trois quarts ou rumba classique, voilà ce qui constitue la seconde façon de danser la rumba.
Notre analyse de l’auditionnement de la chanson Epoutsha de Koffi Olomide qui a été jouée à titre illustratif,
nous a valu de corroborer sa codification selon laquelle cette seconde façon de danser la rumba constitue la classique de la rumba congolaise, se différenciant de la seven par le tempo.
Durant l’exhibition qui l’a accompagnée, les danseurs ont démontré à la perfection de quoi ce deuxième modèle de la rumba est constitué.
Tout commence par un long pas avec le pied droit, puis le pied gauche prend la relève avant de donner aussitôt après le trois au pied droit. Lors de l’alternative qui suit c’est le pied gauche qui commence avec le premier pas long, et ainsi de suite, à tour de rôle, jusqu’à ce que le chant cède la place aux instruments, moment de l’exécution de la sebene durant lequel les couples doivent se séparer pour des danses en solo.
En définitive, nous avons compris noir sur blanc que cette rumba trois quart est un peu plus rapide que la rumba à sept pas.
La rumba 4 temps ou rumba 4/4, qui est la troisième façon de danser la rumba est celle la plus facile à danser, le professeur l’a éclairci noir sur blanc.
Ce modèle de la rumba, faut-il le relever, contient en son sein plusieurs variantes dont celle qui se trouve caractérisée par le fait que le pied droit du cavalier prend d’abord les 4 pas pour donner au retour les quatre autres pas au pied gauche.
»’Cette rumba se danse bien par exemple avec Kata ba liens de Wuta Mayi », a-t-il illustré.
La rumba 2/4 est celle durant l’exhibition de laquelle les deux pieds se partagent en alternance ses quatre temps : une-deux à droite puis trois-quatre à gauche, cas de celle dansée dans »La beauté d’une femme » de Tabu Ley chantée par Mbilia Bel.
Ce modèle de la rumba, remarque oblige, fait presque contraste avec la rumba odemba, 5è du genre, qui est à la fois une invention signée Grand-Maître Franco Luambo Makiadi et une spécialité du Tout-Puissant O.K. Jazz et de plusieurs groupes musicaux de Brazzaville, comme par exemple Loningisa de Youlou Mabiala.
»Il est un mélange de 3/4 au couplet et au refrain, pendant qu’à la sebene on passe au 2/4 », nous a éclairci le professeur avant sa démonstration qui a été faite avec »Maseke ya meme » de Bavon Marie-Marie.
La rumba Tchatsho, qui est la sixième façon de danser la rumba, se trouve typifiée par le fait que sa première variante est une mélodie qui comporte dans sa première partie une rumba, 3/4 dans la plupart des cas, et un chachacha durant son refrain, cas de »Mobali ya Mounke » de Jeannot Bombenga et de plusieurs chansons de Koffi Olomide, dont Fouta Drome.
Vient alors en dernier lieu la rumba soukouss, autrement appelé l’anti-rumba. Anti-rumba parce que dans cette manière de danser la rumba, foi sur l’explication du prof, on ne danse plus en couple, mais en groupe.
»La trilogie couplet, refrain, sebene n’est plus respectée. La partie rumba est supprimée et on ne joue que la sebene », a-t-il placé les points sur les »i ».Font partie de maîtres danseurs ci-haut évoqués : José Mbadu, Yvette Bukasa, Jean-Jacques Mbuyi, Agnès Kabongo, Jean-Bosco Nzau, Léonie Lokasa, N’simba Mayemba, sans oublier Anny Uwe, la directrice de l’école.
Professeur Benoit Kilaba, pour le présenter via son vrai nom, est un expert en marketing de services doublé de maître des conférences en retraite. Il a longtemps vécu en Allemagne, précisément depuis 1972, où il a passé une grande partie de ses études et une bonne partie de sa vie.
En bon amateur de la rumba, il a réussi à colliger les archives de la rumba de depuis 1948. Son plus grand souci, c’est de redonner à la rumba sa valeur en la remettant avec triomphe sur la piste de la musique congolaise avec son rayonnement à l’échelle internationale.
L’école de la rumba qu’il vient d’ouvrir à Kinshasa, fait déjà ses preuves en Allemagne et sera installée, sauf »intempéries », vers le mois de juin dans l’enceinte du Centre Culturel et Artistique des Pays de l’Afrique Centrale,
sur le boulevard Triomphal.
Saint-Germain Ebengo
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