À l’occasion de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, organisée du 17 au 19 juin 2026 à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, le coordonnateur de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), le professeur Dieudonné-Louis Tambwe, a réaffirmé le rôle stratégique de cette structure dans l’amélioration de la gouvernance du secteur extractif congolais. Vulgarisation du cadre légal, accompagnement des investisseurs, planification de la production, transition énergétique, économie circulaire et valorisation des rejets miniers : l’universitaire estime que la planification constitue un levier essentiel pour optimiser la contribution du secteur minier au développement économique de la République démocratique du Congo.
Organe technique du ministère des Mines, la CTCPM est chargée d’organiser, d’analyser et de mettre à la disposition des décideurs les informations stratégiques relatives au secteur minier. Elle accompagne les opérateurs dans la compréhension de la réglementation, le suivi de leurs programmes d’exploitation et l’évaluation de leurs performances, tout en jouant un rôle d’interface entre les entreprises et les pouvoirs publics.

«Notre rôle est de collecter, analyser et diffuser l’information stratégique du secteur minier. Nous assurons également la vulgarisation de la législation, l’accompagnement des opérateurs et la facilitation des investissements afin de permettre aux entreprises d’évoluer dans un environnement mieux maîtrisé », explique le professeur Dieudonné-Louis Tambwe.
Au-delà de cette mission d’accompagnement, la CTCPM intervient comme organe d’aide à la décision en produisant des analyses prospectives destinées aux autorités publiques. Pour son coordonnateur, une meilleure planification se traduit directement par une amélioration des performances du secteur et, par conséquent, par une augmentation des recettes publiques qui financent les infrastructures, l’éducation, la santé et d’autres politiques de développement.
Face à l’accélération de la transition énergétique mondiale, le professeur Tambwe estime que la République démocratique du Congo doit anticiper la hausse de la demande en minerais critiques et adapter sa stratégie en conséquence.
«Les besoins en cuivre, en cobalt et en d’autres minerais stratégiques vont fortement augmenter avec le développement des batteries, des centres de données et des nouvelles technologies. Nous devons réfléchir dès aujourd’hui à nos capacités de production, à nos infrastructures, à nos besoins énergétiques et aux mécanismes de financement nécessaires pour accompagner cette évolution », souligne-t-il.
Le coordonnateur plaide également pour une approche intégrée associant les services géologiques, les métallurgistes, les chercheurs, les investisseurs et les administrations publiques afin de construire une stratégie durable pour le secteur minier congolais.

Évoquant la question des rejets miniers, largement débattue lors de la DRC Mining Week, il rappelle que ces résidus constituent désormais une source potentielle de création de valeur grâce aux progrès technologiques et au développement de l’économie circulaire. Selon lui, les déchets miniers comme les équipements électroniques en fin de vie représentent des gisements artificiels dont les métaux peuvent être récupérés afin de préserver les ressources naturelles et de limiter l’empreinte environnementale des activités extractives.
« Les ressources minières sont limitées. Les batteries usagées, les téléphones portables et d’autres équipements électroniques constituent aujourd’hui de véritables gisements artificiels. Nous devons développer des procédés permettant de récupérer ces métaux plutôt que de les considérer comme de simples déchets », affirme le professeur Tambwe.
Interrogé sur le bilan de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, le coordonnateur de la CTCPM s’est félicité de la forte mobilisation des acteurs nationaux et internationaux malgré un contexte régional marqué par certaines inquiétudes sécuritaires.
« Cette édition est une réussite. Elle confirme que la République démocratique du Congo demeure une destination incontournable pour les investisseurs du secteur minier. Je suis convaincu que l’édition 2027 sera encore plus ambitieuse », conclut-il.
À travers cette vision, la CTCPM réaffirme son ambition de renforcer la planification stratégique, d’améliorer la gouvernance du secteur extractif et de contribuer à une exploitation minière plus performante, plus durable et davantage créatrice de valeur pour l’économie nationale.
Blandine Bampala et Edouard Funda

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