25 août 2026

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1 an à la tête du Ministère des Mines : le bilan de Louis Watum met en avant une nouvelle dynamique du secteur minier congolais

Nommé Ministre des Mines le 8 août 2025 et officiellement installé cinq jours plus tard, Louis Watum Kabamba achève une première année à la tête du secteur minier congolais avec un bilan articulé autour de six priorités : gouvernance et transparence, lutte contre la fraude, formalisation de l’exploitation artisanale, redistribution des retombées minières, exploration géologique et développement de projets structurants.

 

Placée dans le cadre de la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028 conduit par la Première ministre Judith Suminwa, cette feuille de route vise à faire des ressources minières un levier davantage orienté vers la transformation économique et sociale de la République démocratique du Congo.

 

Gouvernance : vers une administration minière davantage digitalisée

La modernisation de la gouvernance figure au premier rang des priorités affichées par le ministère. Elle s’appuie notamment sur la digitalisation des procédures, la vulgarisation du Code minier, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle, de certification et de traçabilité.

 

La mise en place d’un Data Warehouse sectoriel et d’un guide destiné aux investisseurs doit faciliter l’accès aux informations minières, avec la numérisation progressive des contrats, études de faisabilité, statistiques et registres des opérateurs.

 

Le ministère a également instauré un cadre permanent de concertation avec la Chambre des Mines de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), afin de renforcer le dialogue entre pouvoirs publics et opérateurs et d’identifier des réponses concertées aux difficultés du secteur.

 

Sur le terrain, 36 entités de traitement ont fait l’objet de contrôles, dont 13 au Lualaba et 23 dans le Haut-Katanga. Selon le bilan présenté par le ministère, aucune n’a été jugée pleinement conforme aux exigences légales et réglementaires, plusieurs insuffisances ayant notamment été relevées dans les domaines de la traçabilité, des statistiques, de l’environnement et de la conformité administrative.

 

La modernisation passe également par les infrastructures techniques. La digitalisation de l’administration minière et la mise en service d’un laboratoire ultramoderne du CEEC sont présentées comme des outils destinés à améliorer la qualité des analyses, la certification et la traçabilité des substances minérales.

 

Le contexte international reste par ailleurs favorable à certains minerais stratégiques congolais. Le cobalt a notamment franchi la barre des 56 000 dollars la tonne, tandis que la RDC poursuit la diversification de sa production avec l’émergence du lithium et la transformation locale de l’or.

 

À Kalemie, la raffinerie pilote de DRC Gold Trading SA, dont la capacité annoncée atteint 600 kilogrammes par an, constitue ainsi une étape supplémentaire vers une plus grande valorisation locale des ressources.

 

Fraude et contrebande : le dispositif de contrôle renforcé

 

La lutte contre la fraude et la contrebande constitue le deuxième axe de cette première année. Le ministère affirme avoir renforcé la surveillance des circuits commerciaux, particulièrement pour les minerais stratégiques.

 

Des activités minières ont notamment été suspendues à Mwenga et Shabunda, au Sud-Kivu, ainsi qu’à Aru et Mahagi, dans le Haut-Uélé. Des arrestations ont également été rapportées dans le cadre des opérations de contrôle.

 

L’opérationnalisation de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière, consacrée par l’arrêté n°00237/2026 du 3 avril 2026, vient compléter ce dispositif institutionnel.

 

La formalisation du commerce de l’or artisanal constitue l’un des résultats mis en avant. En 2025, 2,851 tonnes d’or artisanal, représentant une valeur estimée à 281,8 millions de dollars, auraient été captées par les circuits formels.

 

Artisanat minier : formaliser pour mieux protéger

 

Le troisième chantier concerne la formalisation de l’exploitation artisanale. Le ministère entend renforcer le rôle du SAEMAPE, améliorer la traçabilité des productions et agir sur les conditions de vie et de travail des exploitants.

 

À travers le mécanisme Protection Groupe, instauré par l’arrêté ministériel n°00278/CAB.MIN/MINES/01/2026, les exploitants artisanaux regroupés en coopératives bénéficient d’une assurance obligatoire. La prime annuelle est fixée à 54 dollars, avec des indemnités pouvant atteindre 3 000 dollars en cas de décès ou d’invalidité.

 

La stratégie prévoit également l’accompagnement des exploitants vers des activités alternatives génératrices de revenus, la formation professionnelle et l’accès à la propriété foncière, dans l’objectif de favoriser une amélioration durable des conditions sociales.

 

La viabilisation des Zones d’exploitation artisanale se poursuit. Trente-trois zones ont été identifiées au Lualaba et 31 dans le Haut-Katanga. À Kolwezi, la ZEA de Kasulu est présentée comme opérationnelle.

 

La structuration de l’exploitation artisanale du cobalt se poursuit parallèlement avec l’accord EGC-Trafigura, tandis que les programmes AXIS et GOLDCONNECT doivent contribuer à renforcer la traçabilité et l’intégration de l’or artisanal dans les circuits formels.

 

Retombées minières : davantage d’investissements dans les communautés

 

La redistribution des revenus issus de l’exploitation minière constitue le quatrième pilier de l’action du ministère.

 

Depuis 2019, quelque 349,2 millions de dollars ont été collectés auprès de 44 sociétés minières. Ces ressources ont permis la mise en place de 46 organismes spécialisés et l’approbation de 521 projets prioritaires, dont 335 sont annoncés comme réalisés et 186 en cours d’exécution.

 

Selon le bilan présenté, ces investissements ont notamment contribué à la création de 1 221 emplois, à la construction de 80 écoles et 65 centres de santé, ainsi qu’au financement de 62 projets liés à l’accès à l’eau potable et à l’énergie. S’y ajoutent 28 projets agropastoraux, 47 projets socioculturels et 52 infrastructures routières.

 

Dans le cadre des cahiers des charges, 93 entreprises ont signé des engagements représentant 360,1 millions de dollars, soit une progression annoncée de 12,4 % par rapport à 2024.

 

Le ministère met également en avant l’application de l’article 71 bis du Code minier, qui consacre une participation minimale de 10 % des nationaux dans les entreprises minières en phase d’exploitation.

 

Cette orientation est prolongée par le projet « Léopards Miniers », destiné à favoriser l’émergence d’entrepreneurs et de propriétaires congolais dans l’industrie minière.

 

Exploration : mieux connaître le sous-sol congolais

 

Cinquième priorité : l’exploration géologique. Pour le ministère, l’immensité du potentiel minier de la RDC impose de renforcer les connaissances scientifiques du sous-sol et de développer les capacités nationales.

 

Plusieurs partenariats ont ainsi été mobilisés, notamment avec le BRGM, JOGMEC, la Chine et Solafune. Le partenariat avec la Chine a permis, selon le bilan, l’octroi de 100 bourses d’études, tandis que JOGMEC a contribué à la formation de 114 agents de l’État, dont cinq formateurs.

 

Le contrat conclu avec Xcalibur le 29 janvier 2026 porte sur la cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national. L’objectif est également de renforcer l’expertise des géologues congolais et la maîtrise nationale des données géoscientifiques.

 

Dans le Grand Kasaï, le projet MICKA, lancé à Miabi le 25 juin 2026, doit contribuer à une meilleure connaissance et à la valorisation du potentiel cuprifère de cette partie du pays.

 

De nouveaux projets pour diversifier l’industrie minière

 

La sixième priorité porte sur le développement de projets miniers structurants destinés à diversifier la production et à accélérer l’industrialisation.

 

Parmi les projets mis en avant figurent les Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), le projet de manganèse de Luozi, dans le Kongo Central, ainsi que le développement du cuivre dans le Grand Kasaï.

 

Le projet MIFOR apparaît comme l’un des projets les plus ambitieux. Son potentiel est estimé entre 15 et 20 milliards de tonnes de minerai de fer à haute teneur, pour un investissement annoncé de 28,9 milliards de dollars.

 

La première phase prévoit une production de 50 millions de tonnes par an, avec une capacité susceptible d’atteindre progressivement 300 millions de tonnes. Le projet entend ainsi contribuer au développement d’une industrie sidérurgique nationale, à la création d’emplois et au développement des infrastructures.

 

Dans le Kongo Central, le projet de manganèse de Luozi, porté par Asia Mineral Limited, s’inscrit dans la volonté de diversifier les substances exploitées et d’accroître les investissements, les emplois, les infrastructures et les recettes publiques.

 

La jeunesse congolaise comme levier de transformation

 

Au-delà des réformes institutionnelles et des projets industriels, le ministère affirme vouloir placer la jeunesse congolaise au cœur de la transformation du secteur.

Le recours à de jeunes cadres congolais, notamment des énarques, traduit cette volonté de valoriser les compétences nationales dans la conduite de l’administration publique.

 

Le Concours d’Excellence BUANYA s’inscrit dans cette dynamique. Des groupes de jeunes ont été invités à formuler des réflexions et des propositions autour des six priorités du ministère. Les meilleurs travaux ont été récompensés à travers les Prix d’Excellence BUANYA.

 

Un an après, une feuille de route encore appelée à produire ses effets

Après une année à la tête du ministère des Mines, Louis Watum Kabamba défend ainsi une approche structurée autour de six axes : moderniser la gouvernance, combattre la fraude, formaliser l’exploitation artisanale, renforcer les retombées au profit des communautés, intensifier l’exploration et développer de nouveaux projets industriels.

 

Le bilan met en avant plusieurs réformes administratives, des opérations de contrôle, des mécanismes de formalisation et de protection des exploitants artisanaux, mais aussi des projets appelés à transformer progressivement la place de la RDC dans l’industrie minière mondiale.

 

L’enjeu de la prochaine étape sera désormais de convertir ces réformes et investissements annoncés en résultats durables : davantage de transformation locale, une meilleure maîtrise des chaînes de valeur, une redistribution plus visible des revenus miniers et une participation accrue des Congolais à la propriété et à la gouvernance du secteur.

 

Un an après sa prise de fonctions, le ministère des Mines veut ainsi inscrire son action dans une même ambition : faire des richesses du sous-sol congolais un véritable moteur de développement économique, industriel et social.

 

 

La rédaction

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