7 octobre 2026

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Justice : le ministère envisage un partenariat avec le Service national pour renforcer la réinsertion

Le ministère de la Justice et le Service national explorent les possibilités d’une coopération axée sur la réinsertion socioprofessionnelle des personnes condamnées, la formation professionnelle et l’amélioration de l’approvisionnement des établissements pénitentiaires.

Les perspectives de coopération entre le ministère de la Justice et le Service national ont été au centre d’une séance de travail tenue jeudi 24 septembre 2026 à Kinshasa entre le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et le commandant du Service national, le général Jean-Pierre Kasongo Kabwik.

Les échanges ont notamment porté sur la possibilité de développer des programmes de formation, d’apprentissage et d’activités productives au profit de certaines personnes condamnées, dans le cadre de la réforme pénitentiaire engagée par le ministère de la Justice.

Cette coopération envisagée devra toutefois faire l’objet d’un examen juridique préalable, afin de déterminer les catégories de personnes concernées, les conditions d’éligibilité, les autorités compétentes ainsi que les garanties nécessaires en matière de droits humains, de sécurité et de suivi.

«Il ne s’agit ni de transférer au Service national des compétences relevant de l’autorité judiciaire, ni de créer par voie administrative un nouveau régime d’exécution des peines, mais d’examiner, dans le cadre légal existant, les modalités permettant de renforcer la rééducation et la réinsertion socioprofessionnelle des personnes condamnées », a expliqué le ministre d’État.

Guillaume Ngefa Atondoko Andali a, par ailleurs, salué l’expérience du Service national dans l’encadrement de jeunes autrefois impliqués dans la délinquance et désormais engagés dans des activités agricoles, d’élevage, de construction et d’autres secteurs productifs.

S’inspirant notamment de l’expérience de Kanyama-Kasese, le ministre d’État a réaffirmé sa vision d’une « prison-école », dans laquelle l’exécution de la peine pourrait également permettre, dans le respect de la loi, l’acquisition de compétences professionnelles et la préparation au retour dans la société.

Un dispositif de réinsertion à encadrer juridiquement

Les deux parties ont également examiné les mécanismes susceptibles de favoriser la réinsertion des personnes condamnées, notamment la formation professionnelle pendant l’exécution de la peine, ainsi que les mécanismes d’aménagement des peines et les alternatives à l’emprisonnement prévues par la législation.

Le ministère de la Justice entend procéder à une évaluation du parcours d’anciens détenus de la prison centrale de Makala déjà intégrés au Service national. Cette évaluation devra notamment mesurer leur parcours de formation, leur participation aux activités productives ainsi que les résultats obtenus depuis leur intégration.

Les conclusions de cette évaluation pourraient servir de base à l’élaboration d’un dispositif plus structuré de réinsertion socioprofessionnelle.

 

Les capacités agricoles du Service national mises à contribution

La question de l’approvisionnement des établissements pénitentiaires a également figuré au menu des discussions. Les capacités agricoles et d’élevage développées par le Service national pourraient, selon les échanges, être mises à contribution pour améliorer durablement l’alimentation des personnes détenues.

D’après les données communiquées au cours de la rencontre, le Service national aurait produit environ 40 000 tonnes de maïs au cours de l’année et disposerait d’un cheptel de plus de 10 000 têtes de bétail. Le général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a également fait état de l’acquisition d’une nouvelle ferme dans le Kongo Central.

Pour le ministère de la Justice, l’exploitation de ces capacités pourrait contribuer à répondre aux défis liés à l’alimentation dans les établissements pénitentiaires, tout en ouvrant des perspectives de formation et d’activités productives pour les personnes condamnées.

La coopération envisagée entre les deux institutions reste ainsi soumise à la clarification de son cadre juridique et institutionnel. Elle s’inscrit dans une approche visant à faire de la réinsertion un volet davantage structuré de la politique pénitentiaire en République démocratique du Congo.

 

Georges Kisapindu

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