Finances: Voici les prix des matières premières en 2024 selon les prévisions de l’EIU

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PA/ Agence ecofin
Dans son rapport Intitulé « Commodities outlook 2024 – Resilient prices amid global headwinds » publié fin janvier dernier, The Economist Intelligence Unit (EIU), estime qu’après trois années d’extrême volatilité, les prix des matières premières devraient globalement se stabiliser en 2024.


Le rapport précise que la stagnation attendue des marchés des matières premières peut surprendre compte tenu des nombreux vents contraires qui soufflent actuellement sur l’économie mondiale.


Ces vents contraires à en croire l’EIU, vont des conditions météorologiques défavorables à l’escalade du conflit au Moyen-Orient, en passant par la montée en flèche des taux de fret maritime liée aux perturbations enregistrées sur les voies de navigation qui passent par le canal de Suez et le canal de Panama.


Les cours moyens du pétrole devaient tourner autour de 80 dollars le baril en 2024, soit à peu près le même niveau au début de cette année. Alors qu’il est peu probable que l’Arabie saoudite augmente sensiblement sa production, d’autres membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pourraient procéder à des réductions volontaires. Cela provoquerait des déficits périodiques de l’offre qui devraient limiter la baisse des prix de l’or noir. Dans le même temps, la demande devrait atteindre des niveaux records durant l’année en cours et les années suivantes, en raison de l’augmentation continue de la consommation dans les pays en développement.


Les tensions géopolitiques croissantes liées à la guerre entre Israël et le mouvement palestinien Hamas présentent cependant un risque haussier à surveiller de très près.


En ce qui concerne le gaz naturel, The Economist Intelligence Unit s’attend à une baisse de 20% du prix moyen du gaz naturel en Europe en 2024, sous l’effet du recul de la demande émanant du secteur industriel. Toutefois, des pics périodiques pourraient avoir lieu, en raison de l’inquiétude du marché quant à la sécurité des chaînes d’approvisionnement mondiales dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes liées au conflit au Moyen-Orient.


La forte demande européenne de gaz naturel liquéfié (GNL) limitera cependant le risque d’une baisse marquée des cours de ce combustible fossile composé principalement de méthane. Hausse de la demande des minerais critiques Les prix du charbon resteront, quant à eux, orientés à la baisse tant que les niveaux de stockage de gaz en Europe demeurent élevés et que le GNL continue d’affluer sur ce même continent. Le rapport indique d’autre part que les prix des métaux devraient augmenter de 3% en moyenne durant l’année en cours après avoir chuté de plus de 11 % en 2023. Cette légère hausse découlera essentiellement de l’accélération de la transition énergétique qui dope la demande des minerais critiques. Le prix du nickel devrait ainsi augmenter par rapport à son niveau atteint à la fin de l’année 2023. La faiblesse de l’activité de construction en Chine empêchera cependant un rebond significatif des prix du cuivre. Les prévisions des cours du métal rouge sont néanmoins orientées à la hausse, en raison de perturbations potentielles de l’approvisionnement minier primaire, notamment en Amérique du Sud.


Les prix moyens de l’aluminium devraient enregistrer une hausse de près de 20% cette année, car de nombreux utilisateurs finaux évitent l’achat de l’aluminium produit en Russie, qui représente aujourd’hui environ 80% des stocks de ce métal disponibles dans des entrepôts de la Bourse des métaux de Londres (LME).


Par ailleurs, l’indice des prix des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des boissons (Food, feedstuffs and beverage/FFB) devrait enregistrer une hausse durant l’année en cours, tiré notamment par l’augmentation des cours du café et du cacao dont la production devait reculer respectivement de 9 % et de 13 % durant la campagne 2023/2024 sous l’effet du phénomène climatique El Niño.


Dans le même temps, les prix du riz poursuivront leur courbe ascendante en 2024, soutenus par l’interdiction des exportations du riz blanc non basmati décidée par l’Inde, qui reste le plus grand pays exportateur de la céréale au monde. Les prix des oléagineux se stabiliseront globalement cette année, en raison notamment de la forte augmentation de la production de soja en Amérique latine. Un retrait permanent de la Russie de l’accord céréalier de la mer Noire fait cependant peser un risque haussier des prix des produits alimentaire, en particulier le blé, le maïs et les oléagineux.

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