Administration publique : Agents et cadres de l’Industrie exigent leurs arriérés de primes et rétrocessions

Saint-Germain Ebengo
L’immeuble Paul Farnana, siège d’un certain nombre de cabinets ministériels situé sur le boulevard Triomphal, dans la commune de Lingwala, a été pris d’assaut, lundi 21 juillet, par les agents et cadres du Secrétariat général du ministère de l’Industrie. À les en croire , ils étaient venus réclamer leurs arriérés de prime et autres rétrocessions, cas de celle que leur garantit le code minier de la République Démocratique du Congo.
Monsieur Cyrille Tambo était parmi ceux qui ont été à la tête de ce mouvement de revendicateurs en effervescence.
”Nous, c’est le Secrétariat général du ministère de l’Industrie.Nous sommes venus au cabinet du Ministre pour réclamer nos droits, c’est-à-dire nos primes et autres avantages, cas de nos rétrocessions que nous garantit le code minier”,a-t-il contextualisé.
”Cette insignifiante prime mensuelle qui équivaut à moins de 300 mille Francs, nous ne la touchons même pas et c’est vraiment inconcevable”, a-t-il poursuivi avant de déplorer le paradoxe entre cette situation et le statut du ministère de l’Industrie, qu’il a présenté comme étant le ministère les plus mobilisateurs des recettes.
”Dans d’autres ministères qui ne produisent rien, ceux qui travaillent là-bas touchent des primes plus que nous du ministère de l’Industrie. C’est pourquoi, nous ne sommes décidés de nous révolter pour venir réclamer notre droit. Nous exigeons en même temps au ministre du Budget, si c’est lui qui est en train de bloquer la situation, de bien vouloir accélérer les choses pour que nous, cadres et agents du ministère de l’Industrie, puissions rentrer dans nos droits”, a-t-il souligné.
”Le ministère de l’Industrie, c’est la maison mère.Dans tous les autres pays du monde, c’est le ministère le plus important, mais chez nous en RDC, ça nous étonne de voir que ça n’évolue pas. Au plus haut degré de ces choses qui n’évoluent pas au sein de notre ministère, il y a la faible rémunération des agents que nous sommes et le non-paiement de nos primes et autres avantages. Toutes les correspondances que nous lui avons adressées à cet effet sont restées jusqu’ici lettres mortes”, preuve testimoniale de l’agent Issa Senga.
Dans sa poursuite de sa revendication, l’homme a placé l’accent sur l’insignifiance de la dite prime qu’il a présentée comme ne représentant presqu’absolument rien.
”En plus, rien de ce qui est prévu dans le code minier pour le compte de prestataires du ministère de l’Industrie que nous sommes n’a jamais été respecté”, a-t-il placé l’accent sur les ”i”.
“Ce rassemblement vaut tout son pesant d’or”, parole signée Claude Nzita qui, en plus, s’étonne du fait qu’il n’y a pas longtemps que le ministre en charge de l’Industrie, qu’ils accusent d’être à la base du blocage de leurs primes et rétrocessions, a été plébiscité meilleur Ministre de l’année.
L’homme n’arrive pas à saisir le sens de ce paradoxe entre cette plébiscite qui a eu lieu et la réalité qui prévaut au sein de leur ministère.
L’agent Jeancy omwele qui abonde dans le même ordre des choses, se pose en plus la question de savoir où va l’argent qu’ils produisent tous les jours.
”Au sein du ministère de l’Industrie, nous travaillons tous les jours comme il faut, mais sans être payés. Nous ne savons pas où va l’argent que nous produisons. Voilà pourquoi nous sommes venus Le voir pour qu’il nous écoute, mais, dommage !, il préfère nous envoyer ses porte-paroles, or c’est bien Lui la seule personne habilitée à trouver la solution à notre revendication”, a-t-il relevé.
Nixon Mukabi qui a lui aussi eu voix au chapitre, n’a pas mis l’eau dans la bouche pour faire entendre ses mots :
“imaginez-vous, un fonctionnaire de l’Industrie n’a même pas 500 mille Francs de prime, alors que nous sommes un ministère à la base du vrai développement du pays.
Nous en avons parlé avec le Secrétaire général, sans succès et voilà pourquoi nous voici ce matin devant le ”cabinet” du ministre…
Nous nous retrouvons dans une situation telle que même les mamans vendeuses d’arachides sont plus ”valeureux” que nous, alors que nous sommes tout un ministère de l’Industrie. Que le ministre du Budget de sa part fasse diligence pour nous apprêter notre argent, car c’est lui qui connaît le mieux le secret de là où se cache notre prime. Si les choses ne sont pas toujours claires, après ici nous ferons une descente chez lui pour qu’il nous livre de plus amples éclaircissements par rapport à la chose, en vue d’un compromis stable”.

