FICKIN /47è édition : Sylvain Kalombo, Chef de service à l’INPP, appelle les jeunes kinois à s’intéresser à la formation professionnelle

Par
Saint-Germain Ebengo

L’INPP, entendez ; Institut National de Préparation Professionnelle, est parmi les structures présentes à la 47è édition de la Foire Internationale du Congo Kinshasa, depuis son ouverture le 2 août, via son point focal, monsieur Sylvain Kalombo, Chef de Service en charge des Énergies renouvelables.

Durant notre visite de leur stand, l’homme nous a fait l’honneur de se livrer à l’interview que nous lui avons sollicitée.

Dans ses réponses à nos questions, il n’a pas mâché ses mots pour mettre en exergue la mauvaise impression nous laissée par les colons belges qui ont fait croire aux Congolais que pour réussir dans la vie il faut être bardé de diplômes.

”C’est pourquoi on se retrouve aujourd’hui avec des licenciés en Économie qui sont devenus des chauffeurs taxi Yango ; des licenciés en gestion qui sont aujourd’hui des tenanciers des cabines téléphoniques, ainsi que des licenciés de l’I.S.C. qui se sont métamorphosés en changeurs de monnaies”, a-t-il relevé avant de révéler ce qui suit

: ”tout ça, c’est parce que les gens n’ont pas compris que la formation professionnelle, c’est elle qui donne l’intégration et une ouverture dans le monde de l’emploi”.

“C’est comme aujourd’hui nous qui sommes francophones, nous sommes un peu retardés. Parce que dans les pays d’expression anglaise, ils n’ont pas besoin de demander quel diplôme as-tu ? Chez eux c’est plutôt :“What are you able to do ?”, ce qui signifie en français : ”Qu’est-ce que tu es capable de faire ?”

À l’en croire, lorsque l’on est capable de faire quelque chose, on expose ses compétences, on les met à profit et cela apporte un plus indiscutable au développement économique du pays.

Foi sur ses propos, c’est ce qui fait défaut chez nous en République Démocratique du Congo.

L’homme en charge des Énergies renouvelables à l’Institut National de Préparation Professionnelle veut donc élever à juste titre au plus haut point l’importance qu’a la formation professionnelle dans la vie de la jeunesse congolaise.

”À l”INPP, nous avons aussi ce qu’on appelle ESFORCA, ESFORCA qui veut dire : École Supérieure de Formation des Cadres”, a-t-il souligné, avant d’éclaircir :

”Comme les cadres des entreprises ne pouvaient pas se mettre sur les mêmes bancs que les communs des apprenants, voilà pourquoi a été mis en place un cadre pour eux. À la longue nous avons trouvé que cela pourrait faire l’objet d’un cadre d’enseignement académico-professionel. C’est pourquoi il y a la formation académique et l’enseignement professionnel, avec à l’heure actuelle le système LMD”,a-t-il placé les points sur les ”i”, I comme INPP.

”Aux dirigeants de la Foire, où nous sommes, ce que je peux leur dire, c’est : qu’elles continuent à nous accorder des occasions comme celles-ci. Avec de telles occasions les gens qui viennent ici sortent avec des informations qu’ils n’ont jamais reçues dans leur vie et, dans le cas d’espèce, celles relatives à la mission de l’INPP”, a-t-il recommandé, avant de se retourner du côté de certaines entreprises et des jeunes.

”Même certaines entreprises qui sont ici et qui paient leurs contributions à la fin de chaque mois, ignorent même qu’elles ont droit à des formations gratuites au niveau de l’INPP. Et lorsque nous sommes dans des milieux comme celui-ci et si les jeunes gens passent outre, c’est parce qu’ils ne savent pas qu’il y a des informations porteuses d’opportunités de formations qui peuvent les aider durant toute leur vie”.

Monsieur Sylvain demande à cet effet aux autorités de la Foire de pouvoir songer à organiser des éditions foraines ne serait-ce que deux fois l’an, ce qui sera une occasion d’intensifier la propulsion de l’information, mais aussi de mettre les jeunes au parfum afin qu’ils sachent qu’est-ce qu’est l’INPP, que fait l’INPP ? et quelle est sa mission ?
C’est ce qu’il explique dans les lignes qui suivent :

“Nous sommes l’INPP, entendez : Institut National de Préparation Professionnelle. Nous avons une mission régalienne, celle de fournir au pays des mains d’œuvre qualifiées. Nous avons accédé à l’indépendance en 1960. Tous les colons belges sont rentrés chez eux avec leurs techniciens. Ce qui a créé au pays une crise des mains d’œuvre qualifiées. C’est ainsi que vit le jour l’idée que fût créée une institution au niveau national qui pouvait combler ce vide”.

Au depart notre mission etait de renforcer les capacités des agents des entreprises de l’État qui avaient des problèmes au niveau des mains d’oeuvres qualifiées. Nous l’avons fait sans faille, parce que jusqu’aujourd’hui nous n’avons aucune concurrence à l’echelle nationale. Il n’y a aucune autre institution qui puisse nous égaler en matière de renforcement de capacités ainsi qu’en termes de gestion des compétences tant dans des entreprises publiques que privées.

Il s’est fait que, après le premier et le second pillages, nous avons pensé à une autre forme de formation et c’était des formations qualifiantes.
Il y avait des jeunes gens qui chômaient, qui avaient besoin de la conversion, qui avaient terminé en sections litteraire, pédagogie, math-physique et autres et qui avaient besoin de se convertir en techniciens. L’INPP s’est mis de nouveau au travail et nous avons commencé à former ces jeunes gens. Aujourd’hui nous formons des milliers et des milliers de jeunes gens et après des séances de formation en entrepreneuriat, beaucoup parmi eux ont créé leurs propres entreprises et ils travaillent en toute indépendance”.

À l’entendre de très près, l’INPP reste toujours au service des jeunes congolais au niveau de la 11è rue Limete Industrielle.

”Nous avons là notre service de renseignement qui est toujours disponible. Passez-y chaque fois que vous voulez, parce que tous les jours il y a des préposés qui sont là pour vous accueillir et vous donner des informations disponibles pour vous aider dans votre formation professionnelle”, a-t-il fait une brève orientation.

Le C.S. Sylvain Kalombo appelle les jeunes kinois, sans emplois, sans formation, sans qualifications, diplômés, gradués, licenciés, doctorants et autres à daigner aller se faire inscrire à l’INPP qui est capable de les convertir en techniciens et en créateurs d’entreprises.

Ces jeunes, une fois ainsi transformés, a-t-il rassuré, n’auront plus besoin d’écrire des phrases comme ”J’ai l’honneur”, ”Je viens par la présente”, ”Je viens auprès de votre haute autorité” ni quelque chose d’autre de semblable.

Les filières de formations, a-t-il souligné, il y en a des centaines.

“‘Sur place ici à Kinshasa, nous avons 13 services d’instruction avec plus de 130 filières de formations. Ceux qui veulent en savoir plus, ils peuvent passer chez nous sur la 11è rue Limete Industriel, et ils auront toutes les informations possibles”,a-t-il fait savoir.

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