Kwango : ” le temps des excuses est passé, celui des résultats se fait attendre” Tribune d’Aristote LUBAMBA

Depuis son accession à la tête de la province du Kwango, le gouverneur avait suscité un espoir légitime auprès d’une population longtemps confrontée à la marginalisation, à l’enclavement et à la pauvreté structurelle. Mais plusieurs mois plus tard, cet espoir s’est dissipé, laissant place à une interrogation fondamentale : où va réellement le Kwango ?

Une province sans cap clair
La première faiblesse majeure de la gouvernance actuelle réside dans l’absence d’une vision politique lisible et assumée. Bien qu’un programme d’action ait été présenté, aucune priorité structurante ne se dégage sur le terrain.

Les routes de desserte agricole restent impraticables, l’agriculture de subsistance peine à se développer, l’emploi des jeunes stagne et l’accès aux services sociaux de base reste limité. Le Kwango apparaît comme une province administrée au jour le jour, alors que les défis exigent des choix courageux et hiérarchisés.

Des résultats économiques et sociaux décevants
Les populations vivent une réalité implacable : villages enclavés, activité économique atone, jeunesse au chômage et dans la débrouille.

Les actions mises en avant par l’exécutif provincial restent symboliques et ponctuelles. Aucune infrastructure majeure n’a durablement transformé le quotidien des Kwangolais. En politique, ce sont les résultats qui comptent, et sur ce plan, le bilan est insuffisant.

Aristote LUBAMBA

Une gouvernance financière opaque
La gestion des finances provinciales constitue une autre faiblesse. Malgré les discours sur la bonne gouvernance, les chiffres restent flous, les priorités budgétaires peu lisibles et les mécanismes de redevabilité quasi inexistants.

Cette opacité fragilise la crédibilité de l’exécutif et creuse la distance entre les gouvernants et les gouvernés. Dans une province pauvre comme le Kwango, chaque franc public doit être justifié et visible dans ses effets.

Un climat politique conflictuel
Les tensions avec l’Assemblée provinciale révèlent un malaise politique profond. Les motions, blocages et frictions récurrentes témoignent d’une incapacité à construire un dialogue solide et une majorité stable autour d’un projet commun.

Une province ne se gouverne pas contre ses institutions, mais par concertation et recherche de consensus, au service de l’intérêt général.

Une communication qui ne convainc plus
Face à la faiblesse des résultats, la communication institutionnelle s’est imposée : annonces répétées, visites médiatisées, discours rassurants… mais peu de changements concrets sur le terrain.

La population du Kwango ne se nourrit pas de promesses. Elle attend des routes, de l’eau, des écoles, des centres de santé fonctionnels et des opportunités économiques. À défaut, la parole publique perd toute valeur.

Le Kwango mérite mieux
Cette tribune n’est ni un procès d’intention ni une attaque personnelle. Elle exprime une exigence politique légitime : le Kwango ne peut plus se permettre une gouvernance timide, hésitante ou déconnectée des réalités sociales.

Le temps des excuses est passé.
Le temps des résultats est attendu.
À défaut d’un sursaut politique et d’un changement profond dans la manière de gouverner, l’actuelle administration provinciale risque de rester dans l’histoire comme une occasion manquée de sortir le Kwango de l’immobilisme.
Mr LUBAMBA KITONGUNA BATH ARISTOTE
Président de la Fondation LKB
Jeune Leader

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