RDC : le Gouvernement lance un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État à Uvira

Edouard Funda
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé la mise en œuvre d’un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État dans la ville d’Uvira et ses environs, dans la province du Sud-Kivu. Cette initiative vise à rétablir durablement la sécurité, à protéger les populations civiles et à favoriser la stabilisation sociale dans cette partie de l’Est du pays.
Selon le communiqué officiel rendu public ce lundi 19 janvier 2026, ce plan repose sur un ensemble de mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires coordonnées. Il intervient dans un contexte marqué par le retrait forcé de l’armée rwandaise et de ses supplétifs de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, un retrait que les autorités congolaises jugent toutefois insuffisant et non représentatif d’une volonté sincère d’apaisement.
Le Gouvernement souligne que ce retrait a été précédé d’actes répétés de pillage, de vols à grande échelle et de manœuvres visant à instaurer un climat d’insécurité persistante.
Ces actions, qualifiées de systématiques et préméditées, auraient également favorisé la stigmatisation communautaire, fragilisé la cohésion sociale et accru les risques auxquels sont exposées les populations civiles.
Pour Kinshasa, le départ des forces rwandaises d’Uvira constitue un développement ponctuel qui ne saurait être interprété comme la fin de l’agression ni comme une amélioration substantielle de la situation sécuritaire globale. La seule perspective jugée acceptable demeure le retrait total, effectif et sans condition de l’ensemble des forces rwandaises et de leurs supplétifs sur tout le territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, à l’accord de Washington du 27 juin 2025 et au processus de Doha.

Sur le terrain, les Forces armées de la RDC (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et les autres services de sécurité poursuivent leur retour progressif et ordonné à Uvira et dans ses environs. Leur mission est de rétablir l’autorité de l’État, d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, et de contenir les conséquences du désordre laissé par les forces occupantes et leurs alliés.
Par ailleurs, le Gouvernement dénonce la déportation de populations civiles, notamment des membres de la communauté banyamulenge, dont certains auraient été contraints de quitter la ville d’Uvira. Ces actes, attribués aux forces rwandaises et à leurs supplétifs, auraient pour objectif de créer un prétexte à leur présence sur le sol congolais. Kinshasa qualifie ces pratiques d’inacceptables et attentatoires aux droits fondamentaux des personnes concernées, tout en saluant la responsabilité de cette communauté qui refuse de servir d’alibi à l’agression contre la RDC.
Enfin, le Gouvernement appelle l’ensemble de la population au calme, à la retenue et au sens de responsabilité. Il exhorte les citoyens à ne pas céder à la manipulation, à la désinformation ni aux discours de stigmatisation susceptibles d’alimenter les tensions et de servir les intérêts de l’ennemi.
