6 octobre 2026

Posture d'Afrique

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Dialogue national inclusif : le CNSA plaide pour un rassemblement de tous les acteurs congolais

Réuni en session ordinaire ce 29 Septembre 2026,à Kinshasa, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral a défini ce qu’il attend du dialogue annoncé. Il a insisté sur l’inclusivité, l’honnêteté des participants et l’urgence de la guerre à l’Est.

Le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a tenu mardi sa session ordinaire hebdomadaire, dans sa salle des réunions de l’Immeuble du Cinquantenaire, avenue Isiro, commune de la Gombe. Les travaux étaient présidés par son président, Joseph Olenghankoy Mukundji. Un seul point figurait à l’ordre du jour : « Qu’attendre du Dialogue national inclusif ? »

Un hommage aux disparus

La plénière s’est tenue alors que la République vient d’être frappée par un deuil. Deux hauts magistrats militaires, les lieutenants-généraux Joseph Mutombo Katalay, premier président de la Haute Cour militaire, et Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, sont morts dans un accident d’avion avec leurs collaborateurs.

Le CNSA a présenté ses condoléances aux familles, à la Nation, au Président de la République, Chef de l’État et Commandant suprême des FARDC, ainsi qu’aux forces armées.

Le Conseil a aussi appris le décès de Marcel Mbayo, secrétaire général honoraire de l’Administration publique. Longtemps proche collaborateur du Premier ministre Étienne Tshisekedi wa Mulumba, il était un serviteur fidèle de l’UDPS. Ses condoléances vont à sa famille, au Chef de l’État et au parti.

« Tous les Congolais sont concernés »Sur le fond, le CNSA relève que l’idée d’un dialogue inclusif semble aujourd’hui acceptée de tous. Il a donc jugé utile d’en rappeler les avantages afin que toute la société en comprenne l’importance.

Pour l’institution, viser l’implication de toutes les composantes de la Nation est logique : il s’agit d’obtenir des engagements clairs et précis sur l’avenir commun, à partir d’une conscience partagée des réalités qui ont conduit à la crise. Celle-ci est jugée « multiforme et multidimensionnelle » et intéresse tous les Congolais, quelle que soit leur diversité régionale, ethnique, culturelle ou religieuse, qu’ils en soient protagonistes ou non. Les forces politiques et leurs leaders restent les acteurs principaux, capables d’influer sur ses causes comme sur sa solution. Mais tous les citoyens, estime le Conseil, ont un rôle à jouer, par leurs idées et leurs expériences, pour donner des chances de succès à la solution retenue.

Le CNSA souligne que la crise sécuritaire et militaire n’est pas toujours le fait des seuls militaires, mais aussi de civils qui prennent les armes. Les garanties de non-répétition d’un conflit comme celui qui endeuille l’Est du pays ne peuvent donc procéder que d’engagements pris par tous. De même, une solution de sortie de crise doit être acceptée et intériorisée par tous pour être exécutée sans faille.

Un dialogue sans exclusive

Pour le CNSA, comme pour la majorité du peuple selon lui, le dialogue doit être un rassemblement de tous les acteurs, tous Congolais, « sans préjugé aucun », qu’on les suppose bons ou mauvais. La société congolaise, comme toutes les sociétés humaines, compte des uns et des autres. Le dialogue doit permettre de s’engager autour de valeurs et de principes de conduite reflétant l’intérêt national et la préservation du destin commun.

Tirer les leçons du passé

Le Conseil appelle les parties prenantes à tirer profit de l’expérience et des rencontres passées, afin d’accroître les chances de réussite du dialogue. Il leur demande d’éviter les erreurs constatées dans l’organisation de telles assises et de circonscrire avec précision et sincérité les objectifs politico-sécuritaires à atteindre, en fonction de la nature des causes de la crise à résoudre.

Cela suppose, selon lui, l’honnêteté et l’ouverture de chacun, notamment dans la définition des objectifs et du contenu d’une solution. Celle-ci devrait englober toutes les causes de la crise, y compris la méfiance réciproque récurrente et, si nécessaire, les réformes à concevoir et à mettre en œuvre ensemble.

Le CNSA en attend des décisions consensuelles, reconnues comme impératives, exécutoires et opposables à tous. Nul ne pourrait alors refuser d’appliquer les résolutions au motif de ne pas avoir participé au dialogue, qu’il ne jugerait pas vraiment national et inclusif.

Le Conseil rappelle à ce propos l’attitude du président Laurent-Désiré Kabila, qui s’estimait non concerné par les décisions de la Conférence nationale souveraine, à laquelle il disait ne pas avoir pris part. Cette position fut, selon le CNSA, à l’origine d’une divergence majeure entre le chef de l’État d’alors, l’opposition politique interne et la société civile.

Le CNSA recommande enfin de ne jamais perdre de vue que, pendant ce temps, les compatriotes de l’Est « continuent de périr par centaines » du fait d’une guerre qui n’en finit pas. Il met en garde contre le risque de voir toute la Nation sombrer dans une « déplorable indifférence » quant à l’urgence d’y mettre fin, pour soulager les Congolais quotidiennement victimes d’une guerre qu’il qualifie d’atroce et d’ignorée.

Telle est, de la conviction du CNSA, la conception logique, réaliste et pratique d’un Dialogue national inclusif, lorsqu’il est organisé pour juguler la crise dont souffre la société congolaise. La séance plénière, ouverte à 10 heures, s’est achevée à 22 heures.

 

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