Dans son discours à la nation prononcé ce vendredi 9 octobre 2026, l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, tire la sonnette d’alarme sur la situation du pays. Entre dénonciation de la corruption, inquiétudes sur l’endettement public et mise en garde contre le bradage des minerais stratégiques, l’ancien chef de l’État appelle les Congolais à prendre leur destin en main.
Le ton est grave, le message sans détour. Joseph Kabila Kabange estime que la République démocratique du Congo traverse une période décisive de son histoire. Dans son discours à la nation, l’ancien président appelle à une mobilisation urgente pour préserver l’avenir du pays.
«Le Congo est en péril. Le sauver est un impératif et une urgence », déclare-t-il, accusant le pouvoir en place d’avoir trahi le serment de protéger la nation.
Pour l’ancien chef de l’État, le peuple congolais, qu’il présente comme la première victime de la tyrannie et de la barbarie, se trouve face à un choix historique : prendre son destin en main ou renoncer à ses ambitions de grandeur.
«Ou bien il se prend en charge aujourd’hui, ou il trahit son destin de grandeur », prévient Joseph Kabila, dans un appel qui traduit la gravité de son appréciation de la situation nationale.
Sur le terrain économique, l’ancien président dénonce la multiplication des contrats qu’il qualifie de léonins, ainsi que la corruption et les détournements de fonds publics. Il invoque les rapports des cinq dernières années sur les indicateurs mondiaux de gouvernance de la Banque mondiale pour appuyer ses critiques.
Joseph Kabila s’inquiète également de l’évolution de la dette publique, qu’il situe à plus de 18 milliards de dollars américains. Il dénonce, en outre, ce qu’il considère comme un bradage des minerais critiques, susceptible, selon lui, de compromettre l’indépendance nationale et l’avenir des générations futures.
Ces déclarations prolongent ses mises en garde concernant le partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et Washington dans le secteur des minerais critiques. Pour l’ancien président, aucun accord international ne devrait être interprété comme une garantie de soutien politique inconditionnel au régime en place.
À travers cette sortie, Joseph Kabila remet au centre du débat les questions de gouvernance, de souveraineté économique et de responsabilité politique. Reste que les chiffres avancés et les accusations formulées dans son discours appellent à être confrontés aux données officielles et aux rapports cités.
Edouard Funda

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