15 octobre 2026

Posture d'Afrique

Toute l'actualité du continent africain qui vous concerne

RDC : Joseph Kabila met en garde contre toute confiance aveugle dans l’accord minier avec Washington

Dans son discours à la nation prononcé ce vendredi 9 octobre 2026, l’ancien président congolais estime que l’accord sur les minerais critiques conclu avec les États-Unis ne garantit pas un soutien inconditionnel au pouvoir en place. Il appelle à une mobilisation face à ce qu’il considère comme une situation d’une gravité exceptionnelle.

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, met en garde les autorités congolaises contre toute confiance excessive dans le partenariat stratégique conclu avec les États-Unis autour des minerais critiques. Dans son discours à la nation prononcé ce vendredi 9 octobre 2026, il estime que cet accord ne saurait constituer une garantie de soutien politique américain au régime actuel.

L’ancien chef de l’État critique la stratégie du pouvoir en place, qu’il accuse de croire à tort que la signature de cet accord lui assure l’appui inconditionnel de Washington.

« Il n’y a pas non plus quoi que ce soit à attendre de ce pouvoir », affirme Joseph Kabila, avant d’ajouter que celui-ci, « parce qu’il a signé l’accord sur les minerais critiques avec les États-Unis d’Amérique, se croit à tort assuré du soutien inconditionnel de ce pays ».

Pour étayer son argumentation, Joseph Kabila s’appuie sur le principe de la continuité de l’État. À ses yeux, les engagements pris dans le cadre d’un accord international lient les États concernés, indépendamment des changements de dirigeants ou de régimes politiques.

Cette lecture l’amène à relativiser les attentes que les autorités congolaises pourraient nourrir à l’égard de Washington. La conclusion d’un partenariat économique et stratégique, notamment dans le secteur des minerais critiques, ne signifierait donc pas nécessairement un soutien politique automatique au pouvoir en place.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les ressources minières congolaises occupent une place importante dans les relations stratégiques entre Kinshasa et Washington.

Au-delà de ses critiques, l’ancien président évoque des « choix pour le moins existentiels » auxquels le pays serait confronté. Il appelle les Congolais à faire preuve de « rigueur d’analyse », de « loyauté à la nation », de « force de conviction », de « courage » et d’un « engagement résolu ».

Joseph Kabila affirme, par ailleurs, ne pas vouloir se soustraire à ce qu’il considère comme son devoir. Il annonce son intention de partager avec le peuple congolais, « dans les heures, jours et semaines à venir », sa vision des actions à entreprendre collectivement pour faire face à « la gravité et à l’urgence de la situation ».

L’ancien chef de l’État conclut son message en invoquant l’avenir de la République démocratique du Congo, qu’il qualifie de « notre cher et beau pays ».

Son discours ouvre ainsi une nouvelle séquence dans son positionnement politique, alors que les enjeux sécuritaires, économiques et diplomatiques continuent de peser sur l’avenir de la République démocratique du Congo.

 

Edouard Funda

About Author