Le RSF note les menaces avec une vague des pressions et représailles dans les médias

À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée chaque 3 mars, le réseau Reporters Sans Frontières (RSF) a publié sa 21e édition du Classement mondial de la liberté de la presse et la République Démocratique du Congo se retrouve au 124e position sur 180 pays au niveau mondial par rapport à l’année 2022 où elle était au niveau 154 ème place.

En effet, le RSF évoque particulièrement une situation générale marquée par l’activisme du M23 et a fait ce constat ;

“Le pluralisme des médias est réel dans le pays, mais au Nord-Kivu, le secteur est fortement affecté par le conflit entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle loi sur la presse a été votée par l’Assemblée nationale, à quelques mois des élections générales”, indique le RSF.

Au sujet de la situation des professionnels de l’information, cette organisation note que “les journalistes sont aussi pris en étau entre les injonctions des rebelles du M23 et celles des forces loyalistes”, a-t-il fait savoir.

Le Réseau des Reporters Sans Frontières rappelle dans son bilan de cette année que, le cadre légal de la
La loi sur la presse de 1996 a été révisée en avril 2023 sur la base des recommandations des états généraux de la presse, qui plaidaient pour un cadre légal plus moderne et plus protecteur pour les journalistes et les médias. La nouvelle loi durcit les conditions d’accès à la profession de journaliste. Elle ne consacre pas expressément la fin des peines privatives de liberté pour les délits de presse, mais instaure la clause de la mauvaise foi dans la publication de fausses informations ou d’allégations qui auront troublé l’ordre public. En outre, elle garantit aux journalistes l’accès aux sources d’information d’intérêt public non couvertes par le secret, la sûreté de l’État ou la défense nationale.

Dans le paysage médiatique, Le RSF fait savoir que, la RDC étant le Premier pays d’Afrique subsaharienne par sa superficie, compte plus de 7 000 journalistes professionnels, 540 journaux, dont une quinzaine seulement paraissent régulièrement, 177 chaînes de télévision, plus de 4 000 stations de radio et 36 médias en ligne. Seules la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), la radio des Nations unies Okapi et Top Congo disposent d’une couverture nationale. La presse écrite est quasiment inexistante en dehors de la capitale Kinshasa. Les sites d’information comme actualité.cd et 7sur7.cd sont en plein développement.

Dans contexte économique, il note que
les journalistes et médias congolais vivent dans une très grande précarité. Les contrats de travail sont rares et la pratique du “coupage”, qui consiste à obtenir une rémunération en échange de la couverture d’un événement ou de la diffusion d’une information, est très répandue. L’aide à la presse prévue par la loi n’a jamais été distribuée de manière transparente. Très peu de médias sont viables et indépendants, et la plupart sont soumis à l’influence de leurs promoteurs.

Sur plan Sécurité, les
Arrestations, agressions, menaces, exécutions, médias suspendus, pillés ou saccagés… Médias et journalistes font face à un véritable problème de sécurité. Ils sont menacés par une vague de pressions et de représailles depuis début 2023 malgré le cessez-le-feu au Nord-Kivu. Certains médias sont sommés par le M23 de réajuster leur ligne éditoriale. La démobilisation des forces armées par voie de presse en temps de guerre est passible de la peine de mort. Les forces de sécurité sont impliquées dans le nombre d’exactions et bénéficient d’une impunité totale.

Blandine Bampala

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