AMCC /Passation de pouvoir : Paul Balenza lègue une caisse de l’ordre de 1035 $ au pasteur Léon Tshunza, nouveau président élu

Saint-Germain Ebengo
Comme prévu à l’issue des élections qui ont eu lieu samedi 30 août dans la salle de conférence du Musée National de la République Démocratique du Congo, à Kinshasa, sur le boulevard Triomphal, il s’est tenu, samedi 6 septembre dernier, au siège de la dite association, ”sise” avenue Assossa 75 A, dans la commune de Kasa-vubu, la tant attendue cérémonie de remise et reprise entre le président du comité provisoire sortant, Paul Balenza, et le nouveau président élu, le pasteur Léon Tshunza, du Centre d’Adoration Hosanna, qui l’a été à 97% de suffrages exprimés.
”Je vous déclare désormais Président de l’Association des Musiciens Chrétiens du Congo”, dernière phrase déclarative signée Paul Balenza à l’issue de son discours de passation de pouvoir, à l’intention du nouvel élu.

Au-delà du verbal, le président du comité provisoire arrivé fin mandat a dû transmettre à son successeur, qui l’est pour un mandat de trois ans, soit 2025-2028, une série de douze choses dont une caisse équivalant à 1035 $, comme solde de toutes les opérations effectuées durant sa transition, qui a été d’une année.
Sur le plan des valeurs immobilisées, le nouveau président élu s’est vu léguer par son prédécesseur,
entre autres, l’adresse du siège provisoire de l’association, ci-haut indiquée ; une machine de fabrication des cartes, avec des cartes encore vierges et d’autres non encore octroyées aux bénéficiaires, ainsi qu’une imprimante multicâble 300, en bdf, entendez : en bonne et due forme.
En matière des documents administratifs, le pasteur Léon Tshunza a reçu de son prédécesseur les statuts de l’AMCC, le repertoire de tous les membres effectifs de l’Association des Musiciens Chrétiens du Congo ainsi qu’un rapport détaillé de la vie de l’Association en une année de transition.

Paul Balenza n’a pas oublié de transmettre à celui qui va désormais gérer après lui le sceau pour authentification de ses correspondances avec les tiers, le logo, comme socle de la communication visuelle de l’AMCC, ainsi que la vision conductrice de la structure, à savoir : ”AMCC, inclusive et participative, demain sera meilleur”.
En lui remettant les statuts, dans leur version révisée, le président honoraire de l’AMCC a prié son successeur de bien vouloir songer à terminer le processus de notariat, qu’il avait commencé, en vue qu’ils soient éligibles, par rapport à leur publication prochaine dans le journal officiel de la République Démocratique du Congo.
À en croire Paul Balenza, l’AMCC a été créée en 1992 sur l’initiative de Charles Mumbaya d’heureuse mémoire. Elle a connu, les uns après les autres, plusieurs présidents, à l’instar du frère Patrice Ngoyi Munsoko, le tout dernier avant sa transition qui vient d’arriver à terme.
”Vu la longue léthargie, l’absence de leadership et l’inexistence constatée de l’association sur terrain, la majorité des membres de notre association avaient décidé que fût mis en place un comité de transition avant de remettre la direction à un nouveau comité qui sera élu. Ce qui vient d’être chose faite aujourd’hui”, a-t-il souligné.
”La transition que nous avons présidée durant une année avait pour missions : redynamiser l’association, remettre la confiance aux musiciens, revoir les statuts, identifier les membres par octroi des cartes, initier les actions de nature à réunifier les membres disséminés à travers les provinces et la diaspora, organiser les élections ainsi qu’engager l’AMCC auprès de tiers”, parole de foi du président sortant à l’intention de ses ”pairs”.
L’homme a reconnu pendant ce temps par-devers son successeur que tout ce qu’a fait son comité n’a pas que été rose.
”Il y a eu des failles, vous avez entre vos mains le rapport et vous pouvez voir s’il y a à maintenir, s’il y a à ajouter et s’il y a des papiers à élaguer.Vous pouvez donc innover au regard des idées que vous avez données durant votre campagne”, a-t-il fait savoir, regard tourné vers son héritier au trône.
”Encadre-toi des gens qui te fourniront de bonnes idées.Tenir aussi compte du genre et de la part de la jeunesse. Sois regardant par rapport au forum de l’AMCC officiel. Que les publications n’y soient pas terre à terre. On nous jugera aussi en fonction de ça. Il faudra donc un bon administrateur quant à ce”, lui a-t-il signifié, comme à la manière du laboureur à son ”enfant”.
LE NOUVEL ÉLU ET SA VOIX DANS LE CHAMP
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Durant sa prise de parole, comme promis au sortir de son élection au musée national, le nouvel élu a prôné en premier lieu que règnent l’amour et l’unité au sein de leur association, bases de l’enseignement du Seigneur Jésus, l’homme au centre de leur musique.
Lors de l’interview qu’il nous a fait l’honneur de nous accorder, ce brillant émoulu de l’Institut National des Arts a fait savoir la raison qui l’a déterminé à postuler :
“Si nous avons accepté cette charge, c’est parce que nous pensons avoir reçu de Dieu la vocation de faire en sorte que les choses au sein de l’AMCC prennent une autre direction et, voire, une autre dimension. Parce que les choses ont vite évolué ces derniers temps et nous pensons qu’avoir le talent est une chose, mais faire en sorte que le talent fasse vivre l’artiste en est une autre. Il y a 30 ans on a fait la musique autrement, aujourd’hui il y a des jeunes qui arrivent et avec eux beaucoup des difficultés qui accompagnent leurs carrières. Il y a 30 ans, il y avait des 45 tours, des 33 tours, des cassettes, des disques compacts, mais aujourd’hui la vente de la musique se fait désormais en ligne. Voilà donc l’un des points principaux qui ont fait l’objet de ma campagne. J’ai fait une étude là-dessus pour voir comment la génération montante actuelle peut vivre avec sa musique”, nous a-t-il confié sa reflexion avant de poursuivre sur le même fil d’idées :
”L’autre point, c’est celui lié à la problématique de la couverture médicale du musicien chrétien. Parce que nos aînés, on les voit trimballer malades sans aucune assistance médicale et abandonnés à leur triste sort”.
Pasteur Tshunza affirme être venu trouver l’AMCC dans le ghetto et veut à ce qu’elle soit désormais connectée aux autres organisations musicales chrétiennes du monde, par exemple celles nigérianes et américaines.
”Il y a aussi la question de renforcement des capacités sur, entre autre, le solfège, la technologie musicale, l’ingéniorat du son…”, a-t-il ajouté avant de proposer que soient désormais organisés parmi eux des colloques, des conférences, des ateliers de formation et autres, ce qui permettra aux musiciens chrétiens congolais d’avoir, entre autres, des occupations de rechange comme par exemple celle d’ingénieur de son.
L’homme de Dieu doublé de musicien déplore l’opacité qu’il voit prévaloir à l’heure actuelle entre l’Association des Musiciens Chrétiens du Congo qu’ils sont, la SOCODA (Société Congolaise des Droits d’Auteur et voisins) et le FPC, entendez : Fonds de Promotion Culturelle.
À le paraphraser autrement, cela a l’air d’être une forêt dans laquelle se trouve à perte de vue perdu le champ de la musique congolaise dans son ensemble.
Vu ce qui précède, il faut dire que ce talentueux artiste musicien de formation cherche à voir dans ses perspectives comment faire vivre l’artiste musicien chrétien congolais par l’entremise de ses oeuvres et de ses droits d’auteur et voisins, sans oublier la possibilité que soit impliquée l’autorité étatique dans ses préoccupations relatives à sa couverture médicale.
Il déplore à cet effet le fait de voir abandonnés à leurs tristes sorts pas mal d’artistes musiciens chrétiens qui n’ont plus l’âge de prester, leurs voix, qui ont fait chanter les radios et télévisions du pays et du monde, balayées d’un revers de la main et jetées dans un total désintéressement.
Ramassé de façon brève, faut-il emprunter les propos de Saint-Hervé Mbuyi, notre confrère de l’ACP, qui l’a insinué dans sa question lors de la dite interview, c’est sous le signe des reformes que le pasteur Léon Tshunza a choisi de placer sa mandature. Le nouvel homme à la tête de l’AMCC veut faire de cette dernière, faut-il le faire remarquer, un oasis de paix dans toutes ses dimensions.
Il remercie son prédécesseur Paul Balenza qui, il y a de cela 27 ans passés, avait fait de lui le vice-président de l’AMCC, et qui, aujourd’hui, 27 ans après, vient de faire de la même personne qu’il est le président de la même association.
MAMAN MICHELINE SHABANI A FAIT LA PRIÈRE DE CLÔTURE
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L’hymne national de clôture de la cérémonie a été précédé d’une prière de bénédiction signée maman Micheline Shabani, prière durant laquelle elle a émis le voeu de voir l’AMCC demeurer à jamais une même famille, toutes confessions chrétiennes confondues.
Un rafraîchissement servi à la fin leur a permis de joindre l’utile à l’agréable.
Dans cette veine, le pasteur Léon Tshunza s’est fait la joie d’inviter pour dimanche 7 septembre tous ses confrères musiciens ainsi que tous les fidèles de son église ci-haut évoquée autour d’un repas de réjouissances qui marquera d’une pierre blanche ce grand événement.

