Agenda Femmes, Paix et Sécurité : 11 jours d’exposition photos dans le parvis de la salle Town Hall de la Monusco/Utex 2

Saint-Germain Ebengo
Dans le cadre de la journée internationale de la paix qui tombe cette fois-ci dimanche 21 septembre, sous le thème : ”Agissons pour un monde pacifique”, et en marge de 25 ans de l’agenda Femme, Paix et Sécurité, il se tient, depuis jeudi 18 septembre, dans le parvis de la salle Town Hall de la MONUSCO, située dans l’enceinte de la concession UTEX 2, à Kinshasa/Ngaliema, une exposition photos qui durera jusqu’au 29 septembre, autour du thème : ”Regards croisés, les femmes en marche pour la paix”.

À en croire madame Do Nsoseme, photographe de la dite exposition, cette dernière est une initiative du département des Opérations de paix de l’ONU, en collaboration avec celui des Affaites politiques et de la Consolidation de la paix, de commun accord avec l’ONUFEMMES et la MONUSCO et en partenariat avec Photoville, un festival des photographies phares de la ville de New York.
L’exposition met en lumière, durant 11 jours, le travail des femmes qui militent en faveur de la paix, au travers des regards des femmes photographes du monde dont, celui de la Congolaise ci-haut évoquée qui leur sert de représentante durant cette exposition en provenance de New York.
”Son objectif a été simple : suivre des femmes actrices de paix à Kinshasa, à travers la photographie, la force de leurs actions et la profondeur de leur engagement. Sur le plan technique, j’ai choisi de travailler en lumière naturelle et aussi artificielle. Au cœur de leur environnement de vie et d’actions, des lieux de rassemblements communautaires et des espaces de rencontre, chaque photo a été pensée de façon à la fois à révéler l’authenticité et à capter les regards, les gestes et les silences parfois plus éloquents que les mots. J’ai opté pour des plans rapprochés afin de mettre en valeur leurs visages marqués par la détermination, mais aussi des plans plus larges pour montrer les contextes dans lesquels elles agissent”, a-t-elle expliqué.

Foi sur ses propos, l’appareil photo est une arme très puissante pour , entre autres, raconter le monde autrement, documenter les réalités et donner la voix, dans le cas d’espèce, à celles qui sont trop souvent restées dans l’ombre.
”Au-delà de la photograohie, mon engagement est profondément ancré dans la défense des droits de femmes à travers l’art, notamment la poésie. Je me bats pour que leurs voix soient entendues, leurs expériences reconnues et valorisées et pour qu’elles occupent la place qui leur revient pleinement dans toutes les sphères de la société. C’est en rendant visible l’invisible que nous pouvons avancer vers un monde plus juste et égalitaire”, parole de la photographe, doublée de poétesse.
”À travers mon regard, ce que j’ai découvert chez ces femmes, c’est une force tranquille, une énergie silencieuse qui construit la paix au quotidien. Leurs actions dépassent largement la question de la sécurité. Elles touchent à la fois à la dignité, aux conditions de vie, au developpement de la femme congoolaise et plus largement à l’avenir de toute notre société”, a-t-elle témoigné avant de conclure :
” je voudrais rappeller que la paix n’est pas seulement l’absence de conflits, mais la présence active de celles et ceux qui la construisent, la bâtissent, la consolident et la transmettent à travers leurs actions’.’
Pour la Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies, qui a rehaussé de sa présence cette exposition, cette exposition est plus que la signature des accords sur la paix qui, à l’en croire, ne se résume pas à la signature de dits accords, encore moins à la publication des rapports sur les états des lieux.
”La paix doit se voir dans la vie des gens, dans nos gestes simples et dans nos relations quotidiennes et dans notre manière de partager l’espace avec les autres. C’est aussi ce qui se passe avec cette exposition photos. Une photo ne montre pas des statistiques. Elle raconte une ou deux histoires. Elle met les visages sur les parcours. Elle rend visibles les engagements concrets souvent discrets mais décisifs. C’est pourquoi. C’est pour cette raison que nous mettons ici en avant les femmes comme actrices du changement. C’est tout le sens de l’exposition regards croisés, des femmes en marche pour la paix”, parole de la Représentante spéciale d’Antonio Guterres qui poursuit:
”Il y a 25 ans, la résolution 1325 du Conseil de Sécurité a reconnu le rôle central des femmes dans la prévention et la résolution des conflits. On ne peut pas parler de cette résolution sans évoquer aussi la résolution 2250 qui souligne l’importance des jeunes dans la paix et la sécurité. C’est pourquoi cette exposition s’adresse aussi à eux. Elle rejoint l’appel du thème de la journée internationale de la paix, officiellement célébrée chaque 21 septembre”.
À l’en croire, la paix n’est pas seulement l’affaire des gouvernements ni des nations Unies.
”Elle nous rappelle que le vivre ensemble se construit aussi par le dialogue et les actes concrets. Nous plaidons pour que les femmes soient incluses dans le processus de paix”, a-t-elle signifié.
Madame Keita a tiré profit de cette opportunité pour rappeler les propos de l’Union Africaine qui souligne :
”la réconciliation ne sera durable que si elle reflète la diversité des voix congolaises”.
”Je nous invite à renouveler notre engagement en faveur de la paix, de la conciliation et de la cohésion nationale”, s’est-il adressée au public venu nombreux pour cette exposition riche en valeurs féminines.
Nelly Mbangu, coordonnatrice nationale de la plateforme Sauti ya Mama Mukongomani, a, elle aussi, eu voix à cet abondant chapitre relatif à la paix.
Plaçant un mot sur la journée internationale de la paix, elle a parlé de son thème : ‘‘Agissons pour un monde pacifique” comme n’étant pas un simple slogan mais plutôt un appel à la responsabilisation collective et individuelle impliquées dans la question de la paix
”La paix est plus solide avec les femmes et, lorsque la femme est ignorée dans un dialogue cela fragilise les accords”, a-t-elle relevé, avant d’expliquer :
“Une paix sans les femmes égale illusion, mais avec les femmes, elle devient une révolution.”
”La paix repose sur la reconnaissance des droits et sur une justice pour tous”, a-t-elle paraphrasé…
L’exécutif congolais a été représenté par sa ministre en charge du Genre, Familles et Enfants, en l’occurrence : madame Micheline Ombaye Kalama.
Dans son mot de circonstance la dame en charge de Genre, Famille et Enfant congolais s’est dit fière de rehausser de sa présence ce grand événement.
”C’est avec beaucoup d’émotions et de fierté que je prends la parole aujourd’hui pour saluer cette belle initiative …
À travers ces images, ce sont des histoires de courage, de douleur mais surtout d’espoir qui nous sont partagées”, a-t-elle fait savoir.
Pour madame la ministre: ”la paix ne se décrète pas, mais elle se construit”.
“En tant que ministre du Genre, je tiens à saluer et à remercier les organisateurs de cette exposition ainsi que les photographes, les femmes modèles et les partenaires qui ont rendu visible cette mémoire”, a-t-elle reconnu avant de s’adresser à ces dernières :
“Vous avez par là contribué dans la reconnaissance, la documentation et la valorisation du rôle fondamental de la femme dans la construction de la paix en République Démocratique du Congo”
”Puissent ces images, à la fois nourrir notre conscience et guider nos actions”, mot de la fin de la femme en charge du Genre en République Démocratique du Congo.



