CWB/Fin des activités de la 9è rentrée littéraire : Mildred Moukenga de Brazzaville nous laisse les effets de rémanence de son roman…

Par
Saint-Germain Ebengo

C’est samedi 20 septembre qu’ont pris fin à la Délégation Wallonie Bruxelles, à Kinshasa, les activités ayant marqué durant trois jours la 9è rentrée littéraire en République Démocratique du Congo.

Mildred Moukenga du Congo/Brazzaville a été parmi les 35 auteurs qui ont rehaussé de leurs présences ce grand rendez-vous littéraire qui s’est clôturé par l’octroi des prix aux dix lauréats de la 7è édition du Prix Littéraire Zamenga.

La dame des lettres de l’autre côté du fleuve n’était pas venue à cette grande rentrée littéraire bras branlants.

Comme tout écrivain qui se respecte, elle avait dans sa gibecière les exemplaires du tome 2 de son dernier livre intitulé Enky, publié dans les éditions Nyuki.

Enky est un roman de plus de 160 pages durant lesquelles elle met en littérature l’histoire d’une jeune femme qui n’a jamais connu son père, ni de visage ni de nom, ce dernier lui ayant rénié la paternité depuis le ventre de sa mère. Ayant grandi sans encadrement paternel, la jeune fille avait quand mème la grâce d’avoir une mère très aimante dont le nouveau mari deviendra quasiment son père.

Ironie du sort, ce beau-père va quelques jours après décéder de façon brutale et c’est à partir de là que leur vie va connaître un total basculement.

Elles vont toutes deux tomber dans des difficultés, qui de veuvage et qui d’orphelinat, caractérisées par une maltraitance hors pair et c’est là que vont commencer toutes les péripéties du roman.

La fille, au lieu de rester attachée à sa misérable mère, doublement victime d’amour, et de se battre par le travail pour venir à sa rescousse afin de pouvoir la relever de cette minable situation, va plutôt se décider de prendre une autre direction qui va compliquer davantage son existence.

À en croire madame Mildred, c’est à partir de là que son chemin va croiser celui d’un certain Émani, qui deviendra son mari. Là encore le problème ne s’arrête pas.

Elle se vera en face d’une labyrinthe de problèmes d’où elle ne saura comment sortir ; l’escroquerie, l’infidélité et beaucoup d’autres turpitudes.

”Voilà ce qui m’a amenée, en écrivant ce roman, à sensibiliser sur certains sujets tels que l’autonomie décisionnelle qui est la capacité qu’une personne a de prendre des décisions favorables à son bien-être, comme celle de travailler pour subvenir en toute indépendance à ses besoins. Il y a aussi l’autonomie émotionnelle qui doit nous valoir de nous poser la question de savoir :

”Pourquoi devons-nous nous émouvoir seulement pour des choses d’ailleurs” ou, en d’autres termes, ”Pourquoi devons-nous avoir tendance à n’attendre que ce qui nous vient d’ailleurs”. On ne doit pas nous télécommander lorsqu’il s’agit de l’émotion. Nous avons besoin de ça pour faire évoluer nos sociétés, pour résoudre nos problèmes nous-mêmes et ne pas tomber victimes des caprices des autres”, inquiétudes de la brazzavilloise.

Parlant du lien qu’a son ouvrage avec le thème de la rentrée, à savoir : ”Voix de femmes, Échos de résilience, Quand la littérature bâtit la paix”, Mildred Moukenga a fait mention de la paix, durant la brève interview qu’elle nous a accordée, comme étant aussi fonction de valeurs comme le travail, l’amour, la loyauté, la dignité et beaucoup d’autres dont elle est en train de faire la promotion dans son roman.

”La dignité de pouvoir se nourrir, de pouvoir se soigner, de vivre dans des conditions décentes. Si on n’a pas atteint ces conditions, on ne peut pas se dire qu’on a la paix. On ne peut avoir la paix que quand on a un minimum de vie. Je suis en train de promouvoir dans ce livre un environnement de qualité que ce soit dans les relations humaines ou dans la vie en général d’une personne”, a-t-elle expliqué.

Foi sur son savoir ancestral, ”Enky” c’est le nom de son arrière grand-mère à qui elle a voulu rendre hommage et en même temps valoriser la culture africaine.

Enky” veut dire ”peu” dans ma langue maternelle, là-bas à Likouala au Congo. C’est un prénom de mon arrière-grand-mère que j’ai voulu mettre dans le livre dans le but de valoriser les noms africains”’, a-t-elle éclairci.

Sur sa 4è de couverture du livre on peut lire ce qui suit :

”Enky et Emani croyaient enfin vivre dans la quiétude après avoir surmonté moult épreuves. Face aux tournants émotionnels, chacun d’eux a appris à se battre pour sauver son foyer, mais leurs efforts sont-ils suffisants ? Lovi et Mélanie apparaissent désormais comme deux parasites dans cette union solide. Quand l’une veut absolument imposer la polygamie à son fils pour qu’il ait une progéniture digne d’un bantu, selon elle, l’autre caresse le rêve fou de revenir dans son foyer après un divorce causé par son infidélité. Toutes les deux déterminées, audacieuses et obstinées, leur complicité s’est faite de manière naturelle. Jusqu’où iront-elles pour parvenir à leurs fins ?

Pour entrer dans le secret de l’auteure, ce tome 2 du roman Enky nous plonge dans une saga passionnante d’amour et d’obstacles.

Entre tensions familiales, spiritualité africaine, escroquerie dans des églises et coups bas dans les milieux professionnels, ”Enky” est une histoire qui explore les limites et les différentes facettes de l’homme.

”Enky”, c’est aussi une histoire de coucheries, de déceptions, d’infidélités, mais aussi de ceux et celles qui, à cause de dites déceptions et infidélités, cherchent des solutions à leurs problèmes dans des prophéties et délivrances au sein des églises dites de réveil.

Pour une brève présentation de l’auteure, il faut dire que Mildred Moukenga est une femme congolaise qui découvre très jeune sa passion pour l’écriture où elle débute comme bédéaste, entendez : auteure des bandes dessinées.

Sa plus grande préoccupation, c’est faire connaître dans le monde, à travers ses œuvres qui allient réalités et fiction, l’originalité de son pays, la République du Congo, ce beau pays d’Afrique qui a sa capitale placée sur la rive nord du majestueux fleuve Congo. Il faut en plus relever que sa fiction est fonction de la dose d’imagination qu’elle verse dans les réalités qui ont lieu dans son Congo natal. Son intérêt pour l’histoire, la culture et la diversité ont fait d’elle une femme engagée dans la recherche et la restauration.

En plus de sa vocation littéraire, Mildred Moukenga est aussi de la vacation journalistique au sein de la rédaction du quotidien ”Les Dépêches de Brazzaville”.

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